REGARDS CROISÉS : EN MON LANGAGE

Ciné Club REGARDS CROISÉS – une proposition de Julie Sando

6 septembre 10h

Projection conférence #3 – ouvert à tous·x·tes

Comment se réapproprier le langage ? Tentative de conférence sur la thématique du langage, en partant d’une pratique artistique personnelle. 
 
Une série de projections de films qui évoquent des voix et des gestes hors d’une normativité sociétale, qui dessinent des imaginaires autres ou dévoilent des identités invisibilisées. A chaque séance, deux ou plusieurs films au regards singuliers se croisent et se font écho, invitent à la discussion, au questionnement. 
 
Julie Sando est une réalisatrice et artiste pluridisciplinaire suissojaponaise. Elle est active autant dans la réalisation de films entre documentaire et fiction que la performance, l’installation et l’expérimentation sonore. Elle a notamment réalisé les films « Fuku Nashi » (2022) et « KNH (What remains from the walls) » (2014). Son travail mêle poésie et politique, interroge langage, identité et société.

REGARDS CROISÉS : A TRIBE ?

Ciné Club REGARDS CROISÉS – une proposition de Julie Sando

4 septembre 17h30    
Projection de films #1 – Soirée dédiée aux personnes sourdes, ouverte à tous·x·tes

« Martien » de Maxime Pillonel (9min) – Un soir, deux braqueurs font irruption dans une station-service. Ils pointent leurs fusils sur le caissier mais malgré leurs hurlements, ce dernier ne réagit pas comme prévu…  
« The Tribe » de Myroslav Slaboshpytskyi (132min) – Sergei rejoint un internat pour enfants sourds. Confronté à la violence de ses camarades, il lutte pour se conformer et rejoindre le clan.
Une série de projections de films qui évoquent des voix et des gestes hors d’une normativité sociétale, qui dessinent des imaginaires autres ou dévoilent des identités invisibilisées. A chaque séance, deux ou plusieurs films au regards singuliers se croisent et se font écho, invitent à la discussion, au questionnement. 
 

kife ton move

Par Elodie Aubonney

4 septembre 14h-17h
Atelier mouvement et danseavec pauses, goûter, sympa relax, en langue des signes française, dédié aux personnes sourdes ou malentendantes

Kife ton move est un espace de liberté de mouvement. Kife ton move va chercher à révéler l’animal qui est en toi, la chanteuse de blues qui sommeille. Kife ton move t’offre la vague d’eau salée dans un verre à cocktail et tu es le·la surfeur·x·euse au maillot pailleté.  Kife ton move te permettra de régner sur ton royaume sans concession.

C’est trop souvent qu’on entend « Oui mais j’sais pas danser… » ou encore « Non mais ça c’est pas d’la danse ! ». Eh ben zut… L’atelier de danse Kife ton move ouvre la porte sur le champ des possibilités que tout mouvement offre, le plus infime, banal, moche ou ridicule soit-il. Chaque geste compte. Ici un grattage de nez a autant de swag qu’un grand jeté. La danse du sang qui pulse en toi est aussi belle que la Macarena.

À partir de là, on embarque dans le flow du groove juste pour la joie de bouger, vivre pleinement ces instants, sans jugement.

Sur inscription par mail à le-bdqi@riseup.net. Pour toutes questions sur l’atelier vous pouvez contacter elodie.aubonney@gmail.com.

 

Elodie Aubonney, danseuse-interprète et chorégraphe, vit à Genève et travaille en Suisse Romande. Elle s’est formée à l’ADMH/Cie Virevolte à Genève, ainsi qu’au MARCHEPIED Cie à Lausanne. En 2009, elle fonde le duo eamb avec Marion Baeriswyl. Duo qui a porté plusieurs projets chorégraphiques, en collaboration avec le musicien Matéo Luthy, présentés dans divers lieux en suisse et à l’étranger. 

Elodie a travaillé comme interprète pour diverses chorégraphes et compagnies romandes telles que Fabienne Berger, YoungSoon Cho-Jacquet, Le Mumbay Quartet, Louise Hanmer, Jasmine Morand, la Cie Utilité Publique, Géraldine Chollet et la Cie À Hauteur des Yeux. Elle a également été regard extérieur pour les pièces de « Frau Troffea » et « Le Milieu » de Fréquence Moteur ainsi que pour « Tropique » la dernière création de Marion Baeriswyl et D.C.P.

 

Ferveur du Dancefloor

Par Djs Mariam & Chacha

3 septembre 19h30
Fête ouverte à tous·x·tes

Parce que nos envies de créer des espaces dancefloraux et de moves seront toujours là : effusions de rythmes r’n’b, pop, zouk, reggaeton et autres ferveurs, le temps d’un dj set à 2 pour vous et pour nous.

Nourrir la machine

Par Iyo Bisseck

3 septembre 13h-16h
Atelier en mixité choisie sans homme cis blanc hétéro valide

Nous vous invitons à un atelier de création collective d’images à partir de textes, à l’aide de dessins et de collages. Vos créations seront ensuite récupérées afin de nourrir un algorithme de génération d’images en cours de développement.

Il est de plus en plus facile de générer des images à partir du texte à l’aide de l’intelligence artificielle. Ces images sont créées à partir d’une base de données composées de millions d’images récupérées sur Internet et leurs légendes. Bien que les résultats soient parfois intéressants, nombre d’entre eux renforcent des stéréotypes ancrés dans une vision raciste, binaire, hétéropatriarcale du monde.

Durant l’atelier, nous aurons l’occasion de discuter de vos créations, de les mettre en perspective avec des images générées par une intelligence artificielle et de développer un point de vue critique sur ces outils.

Sur inscription par mail à le-bdqi@riseup.net

Iyo Bisseck est un designer, chercheur et artiste basé en France. Son travail explore les préjugés qui montrent le lien entre les technologies et les systèmes de domination, avec un accent particulier sur les préjugés raciaux dans la réalisation d’agents virtuels. Elle fait partie du collectif Dreaming Beyond AI, un espace de connaissance critique et constructive, de fiction visionnaire et d’art spéculatif, et d’organisation communautaire autour de l’intelligence artificielle.

Grâce à son travail de conceptrice de sites web, elle soutient également de nombreuses initiatives telles que le Black Film Festival de Zurich et le Transplantation Project. 

En tant qu’artiste, elle s’intéresse à la création de récits alternatifs et collaboratifs à l’aide d’outils virtuels. En se concentrant sur la compréhension de ces outils et en démocratisant leur utilisation sous forme d’ateliers, elle espère que les communautés les plus marginalisées par ces outils auront la possibilité de les façonner et de créer d’autres significations.

https://iyo.io/

Le hérisson noir


Par Gemma Ushengewe et Madame Klebo
3 septembre 17h

Projection et discussion ouverte à tous·x·tes, dès 9 ans (âge indicatif à adapter selon les questionnements des enfants), priorité aux enfants et à leurs parents

Le hérisson noir est un gâteau à caractère raciste exposé dans une boulangerie, à la vue de tout le monde. Cette confiserie, dénoncée par une association anti-raciste, devient l’objet une affaire de tribunal.
À partir d’une voix singulier et plurielle, lae cinéaste commence un récits intime et politique autour du fameux gâteau « Le hérisson noir ».  Le film, de 2020, parcours alors la grande histoire du racisme structurel qui touche les personnes afro-descendantes et qui lie le passé au présent. 
Comment dans ce hors temps-espace, le tribunal tranche et donne son verdict sur ce qui semble être une banale histoire de gâteau ? 
La projection (25min) sera suivie d’une discussion autour des sujets du film, pour les enfants et les parents, menée par Gemma Ushengewe et accompagnée par une médiation de Madame Klebo.
 
Gemma Ushengewe, est un·e·x cinéaste, monteur·se·x et artiste résidant à Genève. Iel s’intéresse à la réappropriation de la narration à travers le cinéma documentaire, la vidéo, l’écriture et la performance. En 2021, Gemma poursuit le Master de recherche d’études critiques, curatoriales et cybermédias à la HEAD. Iel relie ainsi théorie et pratique autour des problématiques de société qui l’intéresse comme le racisme structurel, le néocolonialisme et leurs formes d’émancipation.

Exposition de Dreaming Beyond AI

Par le collectif Dreaming Beyond AI, fondé et géré par Raziye Buse Çetin, Nushin Yazdani, Iyo Bisseck, Sarah Diedro Jordão, Sabiha Keyif, Nina Frohm

2 septembre 18h30
Soirée d’ouverture ouverte à tous·xtes

Nous vous invitons à l’exposition du collectif Dreaming Beyond AI, composé d’artistes, chercheur·x·euses et créatif·x·ves qui réfléchissent d’un point de vue critique sur les questions du numérique et qui offrent des visions alternatives s’inscrivant dans des temporalités multiples. Au sein de l’exposition, vous aurez l’occasion de découvrir le pluriverse à travers notre site Internet.

Dreaming Beyond AI est un espace communautaire dédié au savoir critique et d’art spéculatif. L’objectif est de questionner à la fois la manière dont l’IA (intelligence artificielle) est utilisée aujourd’hui et les structures sociétales qui maintiennent l’oppression algorithmique.
Nous souhaitons permettre :
– une compréhension de la manière dont les technologies basées sur l’IA peuvent intensifier l’oppression de structures de pouvoir dans notre société 
– une remise en cause des récits dominants concernant l’IA, des visions imposées du futur et des structures oppressives amplifiées par l’utilisation très répandue, sans aucun esprit critique, des technologies basées sur l’IA 
– une redéfinition de la manière dont les technologies basées sur l’IA pourraient/devraient nous servir, améliorer la représentation, l’équité et la connexion – créer des visions du futur à partir des marges.

Textes du programme et langage inclusif

Les mots d’invitation que vous trouverez dans ce programme sont restitués directement des pensées des intervenant·x·e·s. Parfois traduits d’une autre langue, parfois intimes, parfois tranchants, tantôt écrits à tâtons, ou encore avec de nouvelles règles de syntaxe et d’orthographe, ces textes n’ont pas été formatés et sont libres ainsi d’échapper aux conventions dominantes de langages, tout en étant au plus proche de leurs auteur·x·ice·s.

 

Langage inclusif
Le programme ainsi que la communication générale de cette édition du Bureau Des Questions Importantes a été mis en forme par des membres de la collective Bye Bye Binary. Étant données les recherches de la collective sur la typographie non-binaire, et les valeurs défendues par le BDQI et eeeeh!, il était impensable de rédiger ce programme au masculin générique «neutre». Nous avons donc choisi d’utiliser le «x» comme signe d’inclusion. Ces «x» sont, d’une part, un moyen de lutter contre l’hégémonie du masculin dans la langue française. Hégémonie qui invisibilise les autres genres et participe de la confiscation de l’universel par les hommes cisgenres, hétérosexuels et blancs. Et, d’autre part, ils permettent de visibiliser les personnes queer, genderfluid, trans et non-binaires ne se reconnaissant ni dans le genre masculin ni dans le genre féminin. Le langage étant ce par quoi nous pensons le monde qui nous entoure, son usage est intrinsèquement politique. Il est donc capital d’y visibiliser les minorités de genre car, comme dirait Wittig, «il y a une plastie du langage sur le réel.»1
Ces «x» se voient pimpés par différentes formes typographiques, multipliant les possibles, et ponctuent le texte comme des paillettes chatoyantes, camp et kitsch, à l’instar des astérisques de Sam Bourcier.2
Par ailleurs, le texte courant est composé en DINdong, un caractère dessiné par Clara Sambot, membre de la collective Bye Bye Binary, qui dispose de différentes ligatures non-binaires (i, e, t, x, …) que vous pourrez découvrir à la lecture de ce programme, la où l’usage du «x» n’était pas possible.  
1. Monique Wittig, « La marque du genre », La Pensée Straight, 1992. 
2. Sam Bourcier, «Petite « grammaire » du français queer et transféministe », Homo Inc.orporated, le triangle et la licorne qui pète, Éditions Cambourakis, p 10-14, 2019. 
Design graphique :
Bye Bye Binary
( Clara Sambot, Enz@ Le Garrec & Eugénie Bidaut ) 
                                                
Fontes utilisées :
• New Rage par NoFoundry • DINdong par Clara Sambot 
                                                
Impressions :
Atelier genevois de gravure contemporaine et Éditions Ripopée
Bye Bye Binary (BBB) est une collective franco-belge, une expérimentation pédagogique, une communauté, un atelier de création typo·graphique variable, un réseau, une alliance. Formée en 2018, la collective explore de nouvelles formes graphiques et typographiques (lettres, ligatures, ponctuations, éléments de liaison et de symbiose) prenant pour point de départ, terrain d’expérimentation et sujet de recherche le langage et l’écriture inclusive et non-binaire.

Lexique

Pour des questions de compréhension, un petit lexique est mis à disposition en référence à certains termes et concepts utilisés dans le programme. Pour les rendez-vous proposés durant la permanence, les intervenant·xes accordent une importance spécifique aux termes qui sont employés pour décrire leurs pratiques. Au BDQI, nous partons du principe que chacun·xe se définit comme iels le souhaitent. 
Ce lexique est une proposition de lecture des mots parmi d’autres multiples définitions possibles. Il ne se prétend pas être parfait, ni forcement complet et il est surtout important de se rappeler que l’utilisation de termes et leurs définitions sont amenés à évoluer et changer avec le temps.

Ce lexique est une proposition de lecture des mots parmi d’autres multiples définitions possibles. Il ne se prétend pas être parfait, ni forcement complet et il est surtout important de se rappeler que l’utilisation de termes et leurs définitions sont amenés à évoluer et changer avec le temps.

En espérant que ce petit lexique vous sera utile 🙂


Afroféminisme : Mouvement politique et militant visant à combattre à la fois les systèmes d’oppressions et d’exploitation que sont la suprématie blanche, le patriarcat et le capitalisme. S’il est à mettre en lien avec le Blackfeminism (cf définition), ce mouvement tient compte des particularités européennes et des contextes nationaux. Il a été très visibilisé dans les années 2013 via les réseaux sociaux et est aujourd’hui porté en France par des collectifs tels que Mwasi ou Swatche. La première organisation politique et collective de femmes Noires en France est la Coordination des Femmes Noires active à Paris de 1976 à 1982, puis le Mouvement des Femmes Noires de 1978 à 1982 entre autres.

D’après : https://www.mwasicollectif.org/glossaire/

Et pour aller plus loin: https://soundcloud.com/user-33369478/afrofeminisme?in=user-33369478/sets/isolation-termique

Blanchité : La blanchité, en anglais whiteness, est l’équivalent de ce qu’on pourrait aussi appeler la condition blanche.

(…) « Être blanc » est un marqueur social significatif dans un contexte qui associe la blancheur de la peau à la pureté, à la neutralité, à la supériorité de la civilisation occidentale, à l’universalité et à la normalité (Cervulle 2013 ; Essed & Trienekens, 2008). C’est l’ensemble de ces représentations associant couleur de peau et valeurs morales qui constitue la blanchité en fait de pouvoir et réalité contraignante exerçant de puissants effets sociaux et politiques (Guillaumin, 1992 : 215-216).

(…) La blanchité se comprend comme une idéologie raciste qui définit non seulement les frontières de l’appartenance, mais surtout les privilèges qui y sont associés. (…) La blanchité contribue à reproduire une violence raciste structurelle et exterminatrice (Kilani 2019), qui démontre que réduire le racisme à un préjugé individuel invisibilise, nie, voire renforce sa portée structurelle. (…)

La blanchité en Suisse s’exprime notamment par des privilèges qui se manifestent de différentes manières : ne pas se rendre compte que la couleur de peau est un marqueur social ; ne pas être systématiquement objet de soupçon dans les interactions avec l’administration ; ne pas devoir justifier sa présence dans l’espace national ; ou encore, ne pas risquer sa vie dans la rue. (…)

Explications tirées de la recherche d’Anne Lavanchy : https://www.ekr.admin.ch/f575.html

Voir aussi la recherche de Nell Irvon Painter sur l’histoire intellectuelle de la race blanche :

https://www.montraykreyol.org/article/nell-irvin-painter-raconte-lhistoire-de-la-blanchite-aux-etats-unis

Capitalisme : Régime économique et social, dans lequel les capitaux, source de revenu, les moyens de production et d’échange n’appartiennent pas à ceux qui les mettent en œuvre par leur propre travail.

Cisgenre (“cis”) : une personne qui se reconnaît dans l’identité de genre qui lui a été assignée (attribuée) à la naissance.

Décoloniale : La pensée décoloniale a émergé, depuis environ trente ans, à partir d’un collectif de pensée formé initialement en Amérique du Sud. Elle se différencie dans son approche de celle proposée par le postcolonialisme.

Elle dénonce une décolonisation incomplète dans laquelle les hiérarchies raciales, économiques, de genre persistent. Elle remet en cause l’eurocentrisme et dénonce une hégémonie économique et culturelle, prônant le recours à des savoirs pluriversels qui rendraient mieux compte de la diversité du monde et de l’hétérogénéité des connaissances.

Elle postule que, malgré l’obtention de l’indépendance pour de nombreux pays, des rapports de pouvoirs subsistent aujourd’hui encore entre les anciennes métropoles et anciennes colonies et que, dans le système de gouvernance mondial, les pays de la périphérie (le Sud global) sont maintenus en position de subordination (par le biais du FMI ou de la Banque mondiale, par exemple).

Partant du principe que le capitalisme n’est pas seulement un système économique, mais bien un réseau de pouvoir global, intégré par nos procédés économiques, politiques et culturels, elle adopte une approche très largement intersectionnelle : elle s’intéresse au croisement des oppressions, liées à la classe sociale, au genre, aux origines et elle vise à élargir les analyses.

D’après : https://www.ritimo.org/Qu-entend-on-par-pensee-decoloniale

Dyadique : désigne les personnes qui ne sont pas intersexes, les personnes né·e·s avec des caractères sexuels (génitaux, gonadiques et chromosomiques) correspondant aux attentes binaires imposées par la société. Par exemple un homme cisgenre dyadique est un homme qui a été assigné homme à la naissance, qui se reconnaît toujours comme tel aujourd’hui et qui n’est pas intersexe.

Féminismes : Mouvements politiques et militants, ainsi que théories critiques, les féminismes ont en commun la lutte contre le patriarcat ainsi que contre les systèmes d’oppressions et d’exploitations liés aux genres. Ils ont différentes histoires et existent sur tous les continents.

Certains féminismes se positionnent ou s’engagent également contre le racisme, contre la transphobie, la xenophobie, contre la grossophobie, contre l’hétéronormativité, contre le validisme, contre les prisons, contre le militarisme ou contre les abolitionnistes du travail du sexe.

Malheureusement, les idées féministes sont aussi instrumentalisées, le plus souvent par des mouvements féministes blancs ou par des groupes d’extrême droite à des fins nationalistes, racistes, xenophobes, capitalistes, transphobes, pro avortement, pro prison ou encore contre le travail du sexe etc.

Parallèlement, c’est trop souvent les mouvements féministes blancs qui s’approprient le travail et les réussites des mouvements féministes minorisés et marginalisés.

Hétéronormatif : Ce concept renvoie à des idéologies normatives en matière de sexes, de genres, d’orientations sexuelles et de rôles sociaux. L’hétéronormativité est construite dans un système qui impose la binarité des sexes (masculin/féminin), des genres (homme/femme), des rôles sociaux (p. ex. père/mère) et des orientations sexuelles (hétérosexuelle/ homosexuelle), et à l’alignement de ces dimensions (sexe féminin/femme/mère/hétérosexuelle ; sexe masculin/homme/père/hétérosexuel). L’hétéronormativité met donc en place un système dominant dans lequel les personnes qui ne respectent pas ces normes (comme les personnes non hétérosexuelles, trans, ou non conformes aux stéréotypes de leur genre) sont considérées comme étant inférieures.

D’après : https://chairedspg.uqam.ca/upload/files/fiches-realises/D%C3%A9finitions_diversit%C3%A9_sexuelle_et_de_genre.pdf

LSF (Langue des Signes Françaises): Cette langue est utilisée par des personnes sourdes ou malentendantes ou par des interprètes.

La langue des signes est un système linguistique visuel qui offre la possibilité d’élargir la pensée et de découvrir un nouveau point de vue. La langue des signes française ne traduit pas le français. Toute personne qui signe, pense en images. Apprendre cela représente un défi de taille pour la plupart des personnes entendantes. Toute personne qui apprend la langue des signes, apprend la grammaire et des signes, mais apprend surtout un nouveau système linguistique basé sur le visuel. La langue des signes est liée aux mains, aux bras, à la posture corporelle et aux mimiques.

La LSF a longtemps été consciemment négligée ou interdite dans l’éducation des personnes sourdes. Cette reconnaissance d’une langue spécifique est souvent vue par les personnes sourdes militantes comme une affirmation identitaire et une valorisation d’une particularité culturelle.

D’après : https://www.sgb-fss.ch/fr/langue-des-signes/langue-des-signes2/

https://www.persee.fr/doc/sosan_0294-0337_1994_num_12_3_1302

Mixité choisie : La mixité choisie est une forme d’organisation et de solidarité qui permet de se retrouver entre pair·x·e·s et entre personnes concernées par une ou des mêmes oppressions. Cela permet de pouvoir échanger, discuter, réfléchir et de décompresser à propos de certaines choses sans devoir toujours expliquer ou argumenter sur tel ou tel comportement ou idée politique face à une personne non concernée par une oppression.

Non-binaire : Façon de parler du genre sans se cantonner aux genres binaire femme/homme qu’impose la société. Ce terme désigne les personnes dont l’identité de genre ne s’inscrit pas dans les normes binaires, c’est à dire par exemple qu’elles ne s’identifient ni homme ni femme, estimant être aucun des deux, un « mélange » des deux ou être entre les deux. C’est donc aussi une identité de genre à part entière.

D’après : http://www.lgbt-lux.be/je-suis-non-binaire/

Panasiatique : Qui réunit l’ensemble des pays du continent asiatiques

Patriarcat : Système de structures, de relations sociales et de pouvoirs dans lequel les hommes cisgenres dominent et oppressent les femmes, les personnes trans, intersexes et non binaires, les enfants, les personnes minorisées, marginalisées et exploitées par l’occident, ainsi que les espèces non-humaines. Le patriarcat repose sur des structures tels que : la violence, l’État, la colonisation, les rouages capitalistes, la sexualité etc. Celles-ci interagissent les unes sur les autres pour donner lieu à différentes formes de patriarcat. L’État, le capitalisme et la colonisation sont les structures majeures du patriarcat.

Personnes racisées : Une personne racisée est une personne qui, par un processus de racialisation négative, est considérée et/ou représentée comme non-blanche et subit ainsi du racisme (d’état ou ordinaire). Les personnes racisées sont en général renvoyées à une appartenance (réelle ou supposée) à des groupes de personnes oppressées par la société en raison de leur couleur de peau, de leur origine, de leur nationalité, de leur religion, de leur statut légal ou de leur mode de vie.

Dans le cas des textes du Bureau Des Questions Importantes, ce terme permet aux personnes de s’auto-désigner pour s’organiser ou pour prendre soin de soi entre personnes concernées par des oppressions communes.

En lien avec ce terme, voici les définitions des mots race et racisme du collectif afroféministe Mwasi : https://www.mwasicollectif.org/glossaire/

Race : La race en termes biologiques n’existe pas. Cependant, le racisme projette des conséquences discriminantes et fait qu’elle existe en tant que construction sociale. Elle reste donc un outil d’analyse permettant de mettre à jour les processus par lesquels une personne est discriminée en fonction de sa couleur de peau et de son appartenance (réelle ou supposée) à un groupe ethnique et géographique

Racisme : Hiérarchisation des individus par d’autres individus en fonction de leur couleur de peau ou de leur ethnicité, réelle ou supposée. Par un processus de racialisation et donc d’altérisation, les personnes non-blanches sont considérées comme inférieures et l’Autre. Cela a principalement des conséquences matérielles (accès à l’emploi et au logement digne, survie face aux institutions, illégalité identitaire, etc) et psychologiques (dignité, maladies mentales, assimilation, dédoublement, etc).

Personnes trans (transgenre) : Une personne qui ne se reconnaît pas dans le sexe qui lui a été attribué à la naissance, une personne qui vit ou qui souhaite vivre dans un genre différent de celui qui lui a été assigné à la naissance. Cela englobe toute personne ayant fait ou souhaitant faire le choix d’une transition, qu’elle choisisse ou non d’avoir recours à des traitements médicaux et/ou des chirurgies dans cet objectif.

La transidentité peut se manifester par un sentiment personnel qu’il y a un décalage entre plusieurs choses : Le genre qui a été assigné par le corps médical à la naissance. La façon dont la personne est perçue par la société en termes de genre. Et la perception de sa propre identité.

Certaines personnes s’identifient hors des catégories de genre binaires (exclusivement femme / exclusivement homme) qu’impose la société, d’autres s’identifient entièrement à l’autre sexe.

D’après : https://outrans.org/ressources/lexique-outransien/

https://www.transwelcome.ch/fr/informationen/was-ist-trans/

https://wikitrans.co/2019/01/19/quest-ce-quune-transition/

Validisme : définition par le manifeste du CLHEE, Collectif Lutte et Handicaps pour l’Egalité et l’Emancipation : Nous affirmons que le handicap est un fait, une donnée de l’existence avec laquelle les personnes concernées composent au quotidien, et qu’il n’appartient pas aux personnes dites valides de le connoter arbitrairement, positivement ou négativement. Il est aussi une construction issue de processus sociaux et historiques qui ont conduit à disqualifier, stigmatiser et marginaliser les personnes handicapées. Nous entendons donc dénoncer et combattre le validisme qui fait de la personne valide en bonne santé la norme universelle et l’idéal à atteindre.

Le validisme se caractérise par la conviction de la part des personnes valides que leur absence de handicap et/ou leur bonne santé leur confère une position plus enviable et même supérieure à celle des personnes handicapées. Il associe automatiquement la bonne santé et/ou l’absence de handicap à des valeurs positives telles que la liberté, la chance, l’épanouissement, le bonheur, la perfection physique, la beauté. Par opposition, il assimile systématiquement le handicap et/ou la maladie à une triste et misérable condition, marquée entre autres par la limitation et la dépendance, la malchance, la souffrance physique et morale, la difformité et la laideur.

D’après : http://clhee.org/

Queer : Queer est à l’origine un mot anglais qui signifie “bizarre”, “de travers”. A partir de la fin du XIXe siècle, il devient une insulte populaire désignant les personnes gay/lesbienne. Des activistes se réapproprient le terme au début des années 1990 pour affirmer des sexualités et des genres subversifs. Ce terme, à forte dimension antisexiste et antiraciste, regroupe désormais les personnes qui n’adhèrent pas à la vision binaire des genres et des sexualités (Binarité Homme/Femme ou Hétéro-sexuel·x·le·s – Homosexuel·x·le·s) et ne veulent pas être catégorisées selon les normes imposées par la société.

Transphobie : Discrimination/haine/aversion/rejet des personnes trans et/ou des transidentités. La transphobieordinaire paraît souvent anodine aux personnes cis. Elle peut s’exprimer de manière ouverte, violente voir meurtrière ou de manière plus insidieuse. Ne pas respecter l’identité d’une personne en est un exemple. La transphobie peut être intériorisée, amenant une personne à se haïr elle-même ou d’autres personnes trans.

D’après : https://www.planning-familial.org/sites/default/files/2020-10/Lexique%20trans.pdf

Zine (fanzine) : Fanzine est une contraction anglaise de « fanatic magazine ». C’est un support papier, édité à petit coup, fait main, ou en ligne. Ces petits magazines sont auto-édités et ne sont pas distribués par des circuits traditionnels. C’est un support libre utilisé par des communautés minorisées ou marginalisées pour créer des publications critiques ou créatives qui soient proches de ce qu’elles aimeraient avoir à lire, à penser et à transmettre.

Mixités choisies

Les différentes formes de mixité choisie sont des outils de solidarité et de luttes. Elles permettent la discussion et l’organisation entre personnes concernées par les mêmes questions et oppressées par les mêmes rapports de pouvoir. Elles sont donc bienvenues et encouragées au BDQI.