Exposition collective avec Neige Sanchez, Jonas Van, Marlo Duchêne, Raphaël Bessette en duo avec Loïs Crémier.
Exposition collective du 2 octobre au 7 novembre 2026
Vernissage le 2 octobre dès 17h30
avec des lectures-performances de Jonas Van et Marlo Duchêne dès 18h30, suivies d’un repas prix libre
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- 25 octobre : Cycle de lectures #1 en collaboration avec eeeeh!. Avec les lectures de Ruby Faure, ghalas charara, Niki Loroch, Mina Achermann
- 7 novembre : Journée des Arts et finissage de l’exposition, visites guidées de 10h à 15h
Ouvertures :
7, 21, 24, 25, 28, 31 octobre et le 4 novembre : de 15h à 19h
Ou sur RDV en écrivant à eeeeh@eeeeh.ch

CREUSE L’IMMENSITÉ, DÉCHIRE LE RESTE
La queerness n’est pas encore là.
La queerness est une idéalité.
Autrement dit, nous ne sommes pas encore queer.
Il se peut que nous n’atteignions jamais la queerness,
mais nous la sentons comme la chaude lumière
d’un horizon empreint de puissance.
« Cruiser l’utopie : l’après et ailleurs de l’advenir queer »,
José Esteban Muñoz (2009)
L’exposition collective “Creuse l’immensité, déchire le reste” est un projet artistique et curatorial mené par Neige Sanchez, invitant à ses côtés des artistes faisant partie de sa famille choisie, ses paires, amixes, chercheureusexs et poètes : Marlo Duchêne, Jonas Van et Raphaël Bessette en duo avec Loïs Crémier. À travers la vidéo, la peinture, l’installation, la sculpture et la performance, l’exposition ouvre un dialogue autour des existences trans et/ou non-binaires au-delà des régimes de représentation. S’inscrivant dans une recherche au long court sur les images et les formes de présences qui détournent les logiques de capture et d’instrumentalisation, ce projet investit l’abstraction, la matérialité, la fiction et le poétique comme outils critiques et espaces de transformations.
Prenant comme point de départ la vision de José Esteban Muñoz comparant la queerness à cette chaude lumière qui nous caresse depuis un horizon inatteignable, cette exposition pose la question : et si cet horizon s’étendait déjà sous nos pieds, au-dessus de nos têtes, tout autour nous, en nous ? Et s’il était densité, épaisseur, comme un monde sous la surface des normes qui se déchirent ? Cet horizon pourrait également se rapprocher de l’immensité, elle-même liée à l’expérience de la queerness, comme souligné par Constant Spina. Dans cette perspective, l’exposition est pensée comme un espace de circulation et de rencontres dans lequel les œuvres deviennent des constellations qui se répondent, et parfois se touchent, se traversent ou se prolongent.
Des lectures-performances de Jonas Van et Marlo Duchêne auront lieu durant le vernissage, et un cycle de lectures pensé en collaboration avec eeeeh, invitant Ruby Faure, ghalas charara, Niki Loroch et Mina Achermann, accompagnera la programmation. Des visites guidées et autres rencontres imprévues auront lieu tout au long de l’exposition.
Neige Sanchez
“Scattering presences”, 2024, et “Unframing immensity”, 2026
Comment accueillir une présence sans l’épuiser dans la visibilité ? Que se passe-t-il quand l’image sort du cadre, dégouline et se fissure ? “Unframing immensity” et “Scattering presences” s’inscrivent dans la recherche au long cours de Neige Sanchez investissant l’abstraction et le poétique comme outils critiques. D’abord ancréx dans une pratique photographique documentaire, iel propose une réflexion sur l’image à travers la sculpture, s’intéressant aux gestes qui travaillent à défaire les logiques de capture et d’instrumentalisation. Des gestes qui transpercent les écrans de fumée et se frottent aux formes parfois diffuses, illisibles, qui existent avant d’être vues.
Les corps disparaissent, l’image devient la surface d’un cocon qui se déchire et les miroirs rappellent les traces d’un geste photographique passé. Liées entre elles par des réseaux souterrains, des formes de présence émergent.
Bio
Neige Sanchez (1992*, CH-FR) est unx artiste transdisciplinaire baséx à Genève. Venant de la photographie, iel a ensuite développé son travail à travers la performance, la vidéo, l’installation, la sculpture, le texte et la curation. Titulaire d’un Master en Arts visuels à la HEAD–Genève, son travail explore les politiques du regard, les enjeux de la représentation et notre rapport aux images, par le biais de la matérialité, l’abstraction, le poétique et les pratiques collectives. Traversées par l’histoire de l’art et de la photographie, les Cultural Studies, les cultures contestataires et sa propre expérience, ses recherches se sont tournées vers des gestes qui détournent les logiques de capture et de récupération, travaillant sur l’émergence de nouvelles formes de présences.
En parallèle, iel est activx au sein de l’espace eeeeh! et membre du collectif Dyke-O-Rama. Iel enseigne au CEPV et à la HEAD–Genève.
Son travail a été montré en Suisse et à l’étranger : Centre de la Photographie Genève, Photoforum Pasqu’Art de Bienne, Photo Elysée de Lausanne, The Queer Archive Festival d’Athènes, galerie LAGE EGAL de Berlin, Villa du parc – Centre d’art contemporain d’Annemasse, entre autres.
@neige.sz
www.neigesanchez.com

Marlo Duchêne
« La lumière ne se plie pas pour nous », 2026
Les peintures de Marlo Duchêne partent d’une forme géométrique simple, construite à partir de neuf cercles tangents. Cette même forme traverse une série d’opérations : plier, projeter, superposer. Elle change d’échelle, passe de deux à trois dimensions, de l’immobilité au mouvement. La peinture ralentit ces opérations pour regarder ce qui se passe avant que forme, matière et regard ne se fixent. Sept semaines après sa chirurgie, il réapprend à utiliser ses bras pour peindre. De l’aquarelle à l’acrylique, avec ses propres pigments. Il bricole un dispositif de diffraction, puis un instrument de dessin en direct avec une intelligence artificielle. Son geste entre dans la machine. Et tout son corps avec.
Bio
Marlo Duchêne est un artiste et chercheur franco-suisse basé à Berlin. Il ne sait pas rester en dehors de ce qu’il transforme : peinture, performance, outils computationnels. Formé aux effets visuels et à l’animation 3D, il est diplômé des masters Solo/Dance/Authorship (HZT Berlin) et Critical Curatorial Cybermedia (HEAD–Genève). Il collabore avec des chorégraphes et des équipes de recherche, dans des espaces indépendants et au Max Planck Institute for Mathematics in the Sciences. Avec Suuperpose, projet collaboratif, des machines et des corps se croisent au risque de se planter ensemble, pour le plaisir. Il enseigne des méthodologies créatives aux scientifiques et des processus techniques aux artistes.
https://mrlo.studio/.

Jonas Van
« Moving Towards Us », 2022
Imaginons un monde dans lequel la vitesse ne connaîtrait aucune limite mesurable. Dans de telles conditions, tout phénomène visuel pourrait se déployer à une vitesse infinie, permettant à un corps de disparaître instantanément ou d’être remplacé par un autre. À travers la transition, mon corps adopte différentes configurations sous l’action chimique de la testostérone, tout en demeurant exposé à d’autres possibilités de mutation inscrites par l’expérience du trauma. Mes oreilles résonnent des voix des fantômes retenus dans le sol, qui remontent à la surface sous forme de vibrations. Peu à peu, je me prépare à devenir une autre matière, à entrer en collision avec d’autres corps.
“Moving Towards Us” est la première œuvre formelle issue de “Negative Entropies”, une recherche qui interroge la possibilité de transmuter la chair en son et de faire des vibrations de la terre et de ses fantômes une matière. À la croisée de la poésie et de l’image en mouvement, l’œuvre envisage le corps au-delà des limites de la chair, comme un événement à la fois sensoriel et temporel.
Selon le principe d’entropie, toute transformation physique implique une redistribution irréversible de l’énergie : la configuration initiale d’un système ne peut être intégralement préservée dans son état final. La entropie négative introduit un mouvement inverse, orienté vers l’organisation et la régénération. Dans le cadre philosophique du projet, la désintégration du corps n’est ainsi pas envisagée comme une disparition, mais comme un changement d’état : la matière persiste à travers d’autres configurations, tandis que la dissolution de la chair ouvre sur sa transformation en énergie. Le métabolisme des organismes vivants constitue une analogie matérielle de ce processus, régénérant continuellement les tissus par l’absorption et la réorganisation de matières extérieures.
Bio
Jonas Van (*Fortaleza, BR, 1989) est artiste, écrivain et chercheur basé à Genève. Son travail se déploie à travers le son, la vidéo, l’installation et la poésie, en articulant théorie critique, fiction visionnaire et hantologie. Depuis une perspective trans, sa pratique envisage le monstrueux comme un espace de spéculation poétique et politique. Entre sci-fi, rêves et hantise, ses œuvres se construisent à travers des fractures linguistiques, des temporalités non linéaires et les frontières entre le vivant et le spectral.
Van a participé à des résidences au Mexique, en Bolivie, au Portugal, en Espagne, au Brésil et en Suisse. Il a reçu le EDP Tomie Ohtake Art Prize (Brésil) en 2016 et le Helvetia Art Prize (Suisse) en 2022, et a été finaliste des Swiss Art Awards en 2026. Il est titulaire d’un Master en Arts visuels de la HEAD – Genève, CCC (Critical Curatorial Cybermedia).
Son travail a été présenté aux Swiss Art Awards 2026, au 38e Panorama de l’Art Brésilien – 1000° et à la 3e édition de Frestas – Triennale des Arts, ainsi que dans des institutions telles que le FMAC Genève, l’EAC Montevideo, le MAC São Paulo, le MAM Rio de Janeiro, la Pinacoteca de São Paulo, La Virreina Centre de la Imatge, le MAC Panamá, le MIS Ceará et KADIST. Il est membre actif de Visarte Suisse.
@jonasssvan

Raphaël Bessette et Loïs Crémier
“Pulp/e”, 2026
Fruit d’une collaboration entre l’artiste cinéaste Raphaël Bessette et l’artiste multidisciplinaire Loïs Crémier, ce film en cours de création déconstruit les discours publics transphobes, non pas pour en débattre, mais pour défaire leur emprise. À partir de textes tels que le rapport du Comité de sages sur l’identité de genre du gouvernement du Québec, et d’ouvrages transphobes, les mots qui légifèrent sur nous et contre nous sont déchiquetés, réduits en pâte à papier, puis réimprimés sous forme de pancartes de manif. Leurs résidus, transférés sur de l’amorce transparente 16 mm, dansent et coulent, perdus dans l’absurdité d’une grande soupe de non-sens. Au travers de plusieurs techniques d’animation, le film embrasse la destruction en tant que geste créatif en recyclant la violence bureaucratique en action collective.
Bio
Raphaël Bessette et Loïs Crémier est un duo d’artistes basé à Montréal/Tio’tiá:ke. Leur collaboration est née d’un intérêt commun pour la manière dont les perspectives trans et queer peuvent s’exprimer à travers une pratique artistique collective.
Raphaël Bessette est artiste-cinéaste et sa pratique aborde les dimensions matérielles et politiques des expériences trans. Travaillant avec diverses techniques d’animation faites à la main, il envisage la création cinématographique comme un processus relationnel. Ses projets s’intéressent aux petits gestes matériels qui soutiennent la vie collective.
Loïs Crémier est auteur·ice, traducteur·ice et artiste du collage, et œuvre dans le milieu de l’édition queer et féministe. Sa pratique, à la croisée du texte et de l’image, interroge la manière dont le langage façonne le genre et les rapports de pouvoir. Par la création de zines et la traduction, iel crée des espaces de dialogue et favorise la circulation de voix queer et autochtones en dehors des cadres institutionnels.
Leur collaboration repose sur des valeurs communes d’accessibilité, d’expérimentation et d’attention portée au processus. Iels abordent le cinéma comme un espace où penser et travailler ensemble, dans lequel la conversation et l’expérimentation pratique orientent la forme que prend leur travail.
@raph__bv & @ana.logizing

Programme détaillé
Vernissage et performances le 2 octobre
Dès 17h30
Début des lectures-performances dès 18h30, suivies d’un repas prix libre
“Spooky action at a distance”, de Jonas Van à 18h30
“Spooky Action at a Distance” emprunte son titre à une formule d’Einstein, l’image vertigineuse d’une action capable d’opérer à distance, pour proposer une lecture performative entre voix, poésie et son. La transition y ouvre une fissure dans la linéarité du temps : les morts se mêlent aux corps à venir, le désir se fait spectral, et la voix devient une forme paradoxale de contact avec des entités et des transcestraux. La lecture expérimente la hantise (assombro) comme une matière de communication, capable de circuler dans l’immensité des espace-temps.
“La lumière ne se plie pas pour nous : Méthode”, de Marlo Duchêne à 19h
Marlo Duchêne installe une table, un compas, un ordinateur. Il s’y allonge. Sept semaines après sa chirurgie, il réapprend à utiliser ses bras pour peindre. Trente minutes de méthode : opérations, anecdotes, techniques, pigments nommés à voix haute. Une forme se recombine, à rythme accéléré, dans un instrument de dessin qu’il a bricolé avec une IA. Son geste entre dans la machine. Et tout son corps avec.
avec Ruby Faure, ghalas charara, Niki Loroch, Mina Achermann
25 octobre 2026
15h : Ouverture des portes et goûter
16h : Début des lectures
Plus d’informations sur ce cycle de lectures ici.
Finissage de l’exposition durant la Journée des Arts de Nyon
le 7 novembre
de 10h à 18h
Eeeeh vous accueille le dernier jour de l’exposition avec des visites guidées de 10h à 15h.





©Michael Hartwell









