Creuse l’immensité, déchire le reste

Exposition collective avec Neige Sanchez, Jonas Van, Marlo Duchêne, Raphaël Bessette en duo avec Loïs Crémier.

Exposition collective du 2 octobre au 7 novembre 2026

Vernissage le 2 octobre dès 17h30
avec des lectures-performances de Jonas Van et Marlo Duchêne dès 18h30, suivies d’un repas prix libre

    • 25 octobre : Cycle de lectures #1 en collaboration avec eeeeh!. Avec les lectures de Ruby Faure, ghalas charara, Niki Loroch, Mina Achermann
    • 7 novembre : Journée des Arts et finissage de l’exposition, visites guidées de 10h à 15h

Ouvertures :
7, 21, 24, 25, 28, 31 octobre et le 4 novembre : de 15h à 19h
Ou sur RDV en écrivant à eeeeh@eeeeh.ch

©graphisme : Maurane Zaugg

 

CREUSE L’IMMENSITÉ, DÉCHIRE LE RESTE

 

La queerness n’est pas encore là.
La queerness est une idéalité.
Autrement dit, nous ne sommes pas encore queer.
Il se peut que nous n’atteignions jamais la queerness,
mais nous la sentons comme la chaude lumière
d’un horizon empreint de puissance.
«
Cruiser l’utopie : l’après et ailleurs de l’advenir queer »,
José Esteban Muñoz (2009)

L’exposition collective “Creuse l’immensité, déchire le reste” est un projet artistique et curatorial mené par Neige Sanchez, invitant à ses côtés des artistes faisant partie de sa famille choisie, ses paires, amixes, chercheureusexs et poètes : Marlo Duchêne, Jonas Van et Raphaël Bessette en duo avec Loïs Crémier. À travers la vidéo, la peinture, l’installation, la sculpture et la performance, l’exposition ouvre un dialogue autour des existences trans et/ou non-binaires au-delà des régimes de représentation. S’inscrivant dans une recherche au long court sur les images et les formes de présences qui détournent les logiques de capture et d’instrumentalisation, ce projet investit l’abstraction, la matérialité, la fiction et le poétique comme outils critiques et espaces de transformations.

Prenant comme point de départ la vision de José Esteban Muñoz comparant la queerness à cette chaude lumière qui nous caresse depuis un horizon inatteignable, cette exposition pose la question : et si cet horizon s’étendait déjà sous nos pieds, au-dessus de nos têtes, tout autour nous, en nous ? Et s’il était densité, épaisseur, comme un monde sous la surface des normes qui se déchirent ? Cet horizon pourrait également se rapprocher de l’immensité, elle-même liée à l’expérience de la queerness, comme souligné par Constant Spina. Dans cette perspective, l’exposition est pensée comme un espace de circulation et de rencontres dans lequel les œuvres deviennent des constellations qui se répondent, et parfois se touchent, se traversent ou se prolongent.

Des lectures-performances de Jonas Van et Marlo Duchêne auront lieu durant le vernissage, et un cycle de lectures pensé en collaboration avec eeeeh, invitant Ruby Faure, ghalas charara, Niki Loroch et Mina Achermann, accompagnera la programmation. Des visites guidées et autres rencontres imprévues auront lieu tout au long de l’exposition.

 

Neige Sanchez
“Scattering presences”, 2024, et Unframing immensity”, 2026
Comment accueillir une présence sans l’épuiser dans la visibilité ? Que se passe-t-il quand l’image sort du cadre, dégouline et se fissure ? “Unframing immensity” et “Scattering presences” s’inscrivent dans la recherche au long cours de Neige Sanchez investissant l’abstraction et le poétique comme outils critiques. D’abord ancréx dans une pratique photographique documentaire, iel propose une réflexion sur l’image à travers la sculpture, s’intéressant aux gestes qui travaillent à défaire les logiques de capture et d’instrumentalisation. Des gestes qui transpercent les écrans de fumée et se frottent aux formes parfois diffuses, illisibles, qui existent avant d’être vues.
Les corps disparaissent, l’image devient la surface d’un cocon qui se déchire et les miroirs rappellent les traces d’un geste photographique passé. Liées entre elles par des réseaux souterrains, des formes de présence émergent.

Bio
Neige Sanchez (1992*, CH-FR) est unx artiste transdisciplinaire baséx à Genève. Venant de la photographie, iel a ensuite développé son travail à travers la performance, la vidéo, l’installation, la sculpture, le texte et la curation. Titulaire d’un Master en Arts visuels à la HEAD–Genève, son travail explore les politiques du regard, les enjeux de la représentation et notre rapport aux images, par le biais de la matérialité, l’abstraction, le poétique et les pratiques collectives. Traversées par l’histoire de l’art et de la photographie, les Cultural Studies, les cultures contestataires et sa propre expérience, ses recherches se sont tournées vers des gestes qui détournent les logiques de capture et de récupération, travaillant sur l’émergence de nouvelles formes de présences.

En parallèle, iel est activx au sein de l’espace eeeeh! et membre du collectif Dyke-O-Rama. Iel enseigne au CEPV et à la HEAD–Genève.
Son travail a été montré en Suisse et à l’étranger : Centre de la Photographie Genève, Photoforum Pasqu’Art de Bienne, Photo Elysée de Lausanne, The Queer Archive Festival d’Athènes, galerie LAGE EGAL de Berlin, Villa du parc – Centre d’art contemporain d’Annemasse, entre autres.
@neige.sz
www.neigesanchez.com

 

“Scattering presences”, Neige Sanchez, Villa du Parc – Centre d’art contemporain d’Annemasse, sculptures, 2024

 

Marlo Duchêne
« La lumière ne se plie pas pour nous », 2026
Les peintures de Marlo Duchêne partent d’une forme géométrique simple, construite à partir de neuf cercles tangents.
Cette même forme traverse une série d’opérations : plier, projeter, superposer. Elle change d’échelle, passe de deux à trois dimensions, de l’immobilité au mouvement. La peinture ralentit ces opérations pour regarder ce qui se passe avant que forme, matière et regard ne se fixent. Sept semaines après sa chirurgie, il réapprend à utiliser ses bras pour peindre. De l’aquarelle à l’acrylique, avec ses propres pigments. Il bricole un dispositif de diffraction, puis un instrument de dessin en direct avec une intelligence artificielle. Son geste entre dans la machine. Et tout son corps avec.

Bio
Marlo Duchêne est un artiste et chercheur franco-suisse basé à Berlin. Il ne sait pas rester en dehors de ce qu’il transforme : peinture, performance, outils computationnels. Formé aux effets visuels et à l’animation 3D, il est diplômé des masters Solo/Dance/Authorship (HZT Berlin) et Critical Curatorial Cybermedia (HEAD–Genève). Il collabore avec des chorégraphes et des équipes de recherche, dans des espaces indépendants et au Max Planck Institute for Mathematics in the Sciences. Avec Suuperpose, projet collaboratif, des machines et des corps se croisent au risque de se planter ensemble, pour le plaisir. Il enseigne des méthodologies créatives aux scientifiques et des processus techniques aux artistes.
https://mrlo.studio/.

“La lumière ne se plie pas pour nous », Marlo Duchêne, 2026.

 

Jonas Van
« Moving Towards Us », 2022
Imaginons un monde dans lequel la vitesse ne connaîtrait aucune limite mesurable. Dans de telles conditions, tout phénomène visuel pourrait se déployer à une vitesse infinie, permettant à un corps de disparaître instantanément ou d’être remplacé par un autre.
À travers la transition, mon corps adopte différentes configurations sous l’action chimique de la testostérone, tout en demeurant exposé à d’autres possibilités de mutation inscrites par l’expérience du trauma. Mes oreilles résonnent des voix des fantômes retenus dans le sol, qui remontent à la surface sous forme de vibrations. Peu à peu, je me prépare à devenir une autre matière, à entrer en collision avec d’autres corps.

“Moving Towards Us” est la première œuvre formelle issue de “Negative Entropies”, une recherche qui interroge la possibilité de transmuter la chair en son et de faire des vibrations de la terre et de ses fantômes une matière. À la croisée de la poésie et de l’image en mouvement, l’œuvre envisage le corps au-delà des limites de la chair, comme un événement à la fois sensoriel et temporel.

Selon le principe d’entropie, toute transformation physique implique une redistribution irréversible de l’énergie : la configuration initiale d’un système ne peut être intégralement préservée dans son état final. La entropie négative introduit un mouvement inverse, orienté vers l’organisation et la régénération. Dans le cadre philosophique du projet, la désintégration du corps n’est ainsi pas envisagée comme une disparition, mais comme un changement d’état : la matière persiste à travers d’autres configurations, tandis que la dissolution de la chair ouvre sur sa transformation en énergie. Le métabolisme des organismes vivants constitue une analogie matérielle de ce processus, régénérant continuellement les tissus par l’absorption et la réorganisation de matières extérieures.

Bio
Jonas Van (*Fortaleza, BR, 1989) est artiste, écrivain et chercheur basé à Genève. Son travail se déploie à travers le son, la vidéo, l’installation et la poésie, en articulant théorie critique, fiction visionnaire et hantologie. Depuis une perspective trans, sa pratique envisage le monstrueux comme un espace de spéculation poétique et politique. Entre sci-fi, rêves et hantise, ses œuvres se construisent à travers des fractures linguistiques, des temporalités non linéaires et les frontières entre le vivant et le spectral.

Van a participé à des résidences au Mexique, en Bolivie, au Portugal, en Espagne, au Brésil et en Suisse. Il a reçu le EDP Tomie Ohtake Art Prize (Brésil) en 2016 et le Helvetia Art Prize (Suisse) en 2022, et a été finaliste des Swiss Art Awards en 2026. Il est titulaire d’un Master en Arts visuels de la HEAD – Genève, CCC (Critical Curatorial Cybermedia).

Son travail a été présenté aux Swiss Art Awards 2026, au 38e Panorama de l’Art Brésilien – 1000° et à la 3e édition de Frestas – Triennale des Arts, ainsi que dans des institutions telles que le FMAC Genève, l’EAC Montevideo, le MAC São Paulo, le MAM Rio de Janeiro, la Pinacoteca de São Paulo, La Virreina Centre de la Imatge, le MAC Panamá, le MIS Ceará et KADIST. Il est membre actif de Visarte Suisse.
@jonasssvan

Moving Towards Us”, Jonas Van, vidéo, 2022

 

Raphaël Bessette et Loïs Crémier
“Pulp/e”, 2026
Fruit d’une collaboration entre l’artiste cinéaste Raphaël Bessette et l’artiste multidisciplinaire Loïs Crémier, ce film en cours de création déconstruit les discours publics transphobes, non pas pour en débattre, mais pour défaire leur emprise. À partir de textes tels que le rapport du Comité de sages sur l’identité de genre du gouvernement du Québec, et d’ouvrages transphobes, les mots qui légifèrent sur nous et contre nous sont déchiquetés, réduits en pâte à papier, puis réimprimés sous forme de pancartes de manif. Leurs résidus, transférés sur de l’amorce transparente 16 mm, dansent et coulent, perdus dans l’absurdité d’une grande soupe de non-sens. Au travers de plusieurs techniques d’animation, le film embrasse la destruction en tant que geste créatif en recyclant la violence bureaucratique en action collective.

Bio
Raphaël Bessette et Loïs Crémier
est un duo d’artistes basé à Montréal/Tio’tiá:ke. Leur collaboration est née d’un intérêt commun pour la manière dont les perspectives trans et queer peuvent s’exprimer à travers une pratique artistique collective.

Raphaël Bessette est artiste-cinéaste et sa pratique aborde les dimensions matérielles et politiques des expériences trans. Travaillant avec diverses techniques d’animation faites à la main, il envisage la création cinématographique comme un processus relationnel. Ses projets s’intéressent aux petits gestes matériels qui soutiennent la vie collective.

Loïs Crémier est auteur·ice, traducteur·ice et artiste du collage, et œuvre dans le milieu de l’édition queer et féministe. Sa pratique, à la croisée du texte et de l’image, interroge la manière dont le langage façonne le genre et les rapports de pouvoir. Par la création de zines et la traduction, iel crée des espaces de dialogue et favorise la circulation de voix queer et autochtones en dehors des cadres institutionnels.

Leur collaboration repose sur des valeurs communes d’accessibilité, d’expérimentation et d’attention portée au processus. Iels abordent le cinéma comme un espace où penser et travailler ensemble, dans lequel la conversation et l’expérimentation pratique orientent la forme que prend leur travail.
@raph__bv & @ana.logizing

 

“Pulp/e”, Raphaël Bessette et Loïs Crémier, vidéo, 2026

 

Programme détaillé

Vernissage et performances le 2 octobre
Dès 17h30
Début des lectures-performances dès 18h30, suivies d’un repas prix libre

“Spooky action at a distance”, de Jonas Van à 18h30
“Spooky Action at a Distance” emprunte son titre à une formule d’Einstein, l’image vertigineuse d’une action capable d’opérer à distance, pour proposer une lecture performative entre voix, poésie et son. La transition y ouvre une fissure dans la linéarité du temps : les morts se mêlent aux corps à venir, le désir se fait spectral, et la voix devient une forme paradoxale de contact avec des entités et des transcestraux. La lecture expérimente la hantise (assombro) comme une matière de communication, capable de circuler dans l’immensité des espace-temps.

“La lumière ne se plie pas pour nous : Méthode”, de Marlo Duchêne à 19h
Marlo Duchêne installe une table, un compas, un ordinateur. Il s’y allonge. Sept semaines après sa chirurgie, il réapprend à utiliser ses bras pour peindre. Trente minutes de méthode : opérations, anecdotes, techniques, pigments nommés à voix haute. Une forme se recombine, à rythme accéléré, dans un instrument de dessin qu’il a bricolé avec une IA. Son geste entre dans la machine. Et tout son corps avec.


Cycle de lecture #1

avec Ruby Faure, ghalas charara, Niki Loroch, Mina Achermann

25 octobre 2026
15h : Ouverture des portes et goûter
16h : Début des lectures

Plus d’informations sur ce cycle de lectures ici.


Finissage de l’exposition durant la Journée des Arts de Nyon
le 7 novembre
de 10h à 18h

Eeeeh vous accueille le dernier jour de l’exposition avec des visites guidées de 10h à 15h. 

 

Neige Sanchez, 2026.

 

“Moving towards us”, Jonas Van, 2022

 

“La lumière ne se plie pas pour nous: Méthode”, Marlo Duchêne, performance, 2026

 

“Pulp/e”, Raphaël Bessette et Loïs Crémier, vidéo, 2026

 

 

A Pharmacy of songs de Louis Jucker

©Michael Hartwell

Exposition du 14 février au 15 mars 2026.
Vernissage le 14 février dès 18h avec gravure de vinyles à la demande.
Ouverture le dimanche 15 février entre 15h et 19h et gravure à la demande
Ouverture les mercredis et samedis entre 15h et 19h.
Finissage le dimanche 15 mars entre 15h et 19h.

Louis Jucker a produit 50 chansons en 2024, au cours de deux résidences à Lausanne (La Pharmacie, mars 2024) et Fribourg (O.V.N.I., septembre 2024). Il a installé un studio d’enregistrement analogique dans ces galeries, et invité le public à venir passer commande de chansons, sous forme de «consultations» musicales.

Les personnes intéressées pouvaient, au fil d’un entretien privé et anonyme, lui décrire les symptômes, maux et problèmes de leur vie émotionnelle, qu’elles s’imaginaient pouvoir soulager à l’aide d’une chanson-remède. Il a écrit, enregistré et gravé la musique sur disque vinyle, sur place, pendant ses heures de laboratoire.

Il présente à eeeeh ! une installation retraçant l’ensemble de la documentation accumulée lors de cette farfelue aventure pharmaceutique. Une large collection de photographies par Noé Cauderay, des vidéos VHS, le répertoire complet des notices pharmaceutiques à base de machine à écrire, et surtout un véritable juke-box à vinyles, trafiqué pour l’occasion avec l’aide de Skander Mensi pour le faire lire de la musique et de l’image à la fois.

C’est l’occasion également de découvrir son livre-recueil «A Pharmacy of Songs», un petit compendium de pharmacie musicale paru chez Ripopée et Humus Records.

Programme détaillé

Vernissage le samedi 14 février dès 18h.

Vernissage de l’exposition A Pharmacy of songs et présentation du livre du même nom paru chez Ripopée et Humus.

Venez découvrir à cette occasion la pharmacie musicale en 4 dimensions. Pour le vernissage, en plus des petits fours habituels, Louis Jucker apportera une graveuse à vinyle, et sera à votre disposition pour vous graver la chanson-remède de votre choix sur un petit disque 45 tours.

Ouverture les mercredis et samedis entre 15h et 19h.

Biographie

Louis Jucker est auteur-interprète folk lo-fi en solo, chanteur du groupe Coilguns, producteur de musique, et co-fondateur du label Humus Records à La Chaux-de-Fonds, Suisse.

En parallèle de ses disques solo, il est friand de projets hors format, publiant le quintuple album de collaborations « L’Altro Mondo » en 2017, ou encore « Suitcase Suite » en 2023, un cycle de composition réalisé à base d’instruments-valises conçus par ses soins.

En 2024, il installe une officine musicale éphémère dans l’espace “ La Pharmacie” à Lausanne, puis à l’espace “O.V.N.I.” de Fribourg. Il y écrit 50 remèdes sonores, selon les demandes formulées par sa patientèle.

Sa discographie complète est accessible à prix libre sur

louisjucker.bandcamp.com / humus-records.com

 

Atelier-autodéfense antiraciste pour ados

Par Bléd  

Kim Ortega-Trinh, Sophia Bouakka-Manesse, Phi Vo

 


12 septembre

Atelier -autodéfense antiraciste pour ados – 1h45
Pour les élèves du gymnase de Nyon
Les mots touchent, parfois les mots blessent… et dans un cadre intime ils peuvent faire très mal à l’estime de soi. L’autodéfense verbale c’est pour apprendre à répliquer quand on vit une agression par les mots, que ce soit avec des inconnus ou avec des personnes proches.
Dans cet atelier on va s’attaquer à des situations vécues par les participant-e-s: attitudes, blagues, remarques ou insultes racistes, selon les envies et besoins. Et comme le racisme* concerne tout le monde: celles et ceux qui le subissent, les autres qui le perpétuent et les témoins qui peuvent être complices autant qu’alliés, c’est un atelier pour tous et toutes! Le but de l’atelier c’est de prendre confiance en soi et de s’entraîner à poser ses limites quand on vit du racisme et/ou de s’entraîner à soutenir une personne qui vit du racisme.
Mais c’est aussi un atelier où on va puiser dans la force du groupe, pour partager des expériences, partager des outils de riposte par les mots, et profiter de l’imagination collective pour trouver les meilleurs clash ! Rien dans l’atelier n’est obligatoire, et il est possible de s’impliquer un peu, beaucoup ou ardemment selon ce qu’on se sent de partager avec le groupe! Une attention particulière sera donnée aux situations des personnes subissant directement du racisme.
  *racisme: idéologie qui suppose l’existence de « races » en établissant une hiérarchie entre elles avec la « race » blanche au dessus des autres, ainsi que les discriminations découlants de cette idéologie. Nous parlerons évidement dans l’atelier de « races sociales » et non « biologiques ».
INSTA/SITE
@bled_bibliotheque_decoloniale 

200 Roses

Organisée par le Collectif Occasionnel

Avec AM Trépanier, Ave Fenix, le collectif CATS / SWATS, La Diabla, le collectif La Grande, Horizontale, Joël Defrance, Judith, Fanny Doucet, Iara, Law Clinic, Leandra K, Piti Pietru, le collectif Les Putains de Rencontres, Roberta Monte, Romea Diabla, Spangle Durac

Exposition du 2 au 26 novembre 2023
Vernissage le jeudi 2 novembre dès 18h, avec une performance de Joël Defrance et repas prix libre.

Horaires d’ouverture :
Jeudi 2 novembre dès 18h

Journée des arts samedi 4 novembre de 12h à 18h
Ouvert les samedis 11, 18 et 25 novembre de 14h à 19h, permanence par le collectif
Les dimanches 5, 12, 19 et 26 lors des évènements.

L’exposition contient deux oeuvres avec du contenu sexuel explicite.

 

La question du travail du sexe et de ses représentations a été un sujet abordé de manière récurrente ces dernières années, que ce soient par des films, des publications de livres ou encore des expositions d’artistes également travailleur.e.x.s du sexe (TDS), en Suisse ou en France*. Cet engouement ne peut être qu’une étape positive et nécessaire dans la déstigmatisation du métier – quand les oeuvres proposent ce regard – permettant à la fois à un public peu familier de ces problématiques de questionner son regard sur “le plus vieux métier du monde” mais encore aux personnes concernées de pouvoir s’exprimer publiquement, à la première personne, et sans que leurs voix soient confisquées par autrui. La pluralité de ces discours et les formes qu’ils ont produites permettent de dessiner un paysage plus complexe sur les réalités du travail du sexe, de montrer que celui-ci est source d’enseignement et d’apprentissage, mais aussi d’art et de littérature.

Pour autant, les droits effectifs des travailleur.e.x.s du sexe n’ont quasiment pas évolué. En Suisse, les restrictions quant à la pratique du TDS restent les mêmes, et la crise sanitaire du Covid a fini de précariser les plus fragiles. En France, les discours abolitionnistes restent prédominants dans les instances gouvernementales, dont les lois entravent de plus en plus la liberté et la sécurité des TDS. Dans ce tissu social complexe, se dressent en pare-feu les associations communautaires d’aide et de soutien aux TDS, dont le rôle est essentiel pour garantir un soutien légal, moral et matériel à un corps de métier précarisé et stigmatisé.

Dans ce nouveau projet d’exposition, c’est en collaborant directement avec les associations communautaires suisses et des régions francophones que nous avons souhaité être mis.e.x.s en contact avec des personnes à la fois travailleur.euse.x.s du sexe, et producteur.ice.x.s de récits sur leurs expérience, qui ne profitent pas d’une visibilité institutionnelle. Soutenir cette visibilité paraît être un atout essentiel à l’émancipation de ce corps de métiers précarisé et stigmatisé.

Par ailleurs, nous somme également convaincu.e.x.s, que les narrations et auto-narrations de travailleur.euse.x.s du sexe sont des outils pédagogiques dont nous aurions tout.e.x.s beaucoup à apprendre, qu’il s’agisse d’argent, d’amour, de sexualité, de travail.

 


PROGRAMME

Jeudi 2 novembre

Vernissage de l’exposition 200 Roses dès 18h
Avec les oeuvres de :

AM Trépanier
Ave Fenix
le collectif CATS / SWATS
La Diabla
le collectif La Grande Horizontale Joël Defrance
Judith
Fanny Doucet
Iara
Law Clinic
Leandra K
Piti Pietru
le collectif Les Putains de Rencontres Roberta Monte
Romea Diabla
Spangle Durac

Performance de Joël Defrance : “Dans mes mains le poids de la tête du vieux monde” Joël Defrance travaille sur les notions de poétique arrivée dans l’espace public, de politiques queer et de l’être ensemble. Il explore ces questions à travers différents personnages créés in situ pour des performances solo ou collaborative.
Sa sensualité interpelle et compose dans l’écriture du désir, des propositions flirtant avec le lyrisme et le punk. Avec la voix, le corps et les machines électriques et électroniques comme médiums, il s’intéresse dans le futur aux modules de synthèse vocale et corporelle interactives.


Dimanche 5 novembre 


14h : Atelier décryptage sur le porno du collectif La Grande Horizontale
Cet atelier propose un decryptage portant sur les représentations du porno mainstream et des contextes de production.
Atelier d’une durée de 2h 

18h : Lecture de Fanny Doucet d’extraits du recueil “TDS” de Tan
Fanny Doucet, membre de CRISSURES, veut porter les voix – et les cris, sûr ! – de celleux pour qui la vie est faite de moments qui crissent un peu, ou au moins crispent. Pour cette occasion, elle lira des extraits choisis de TDS, un recueil de témoignages de TDS, principalement basé.e.x.s en France, paru en 2022.

18h30 : Lecture de Judith d’un extrait de “Ich bin Sex Arbeiterin”
La partie alémanique de l’association ProCore (faîtière des associations de TDS en Suisse) a publié en 2020 le livre “Ich bin Sexarbeiterin”, qui regroupe des témoignages de personnes tds travaillant principalement en Suisse alémanique. Judith est l’une d’entre elle.eux, et viendra lire son propre témoignage, traduit de suisse-allemand vers le français.

19h : Repas vegan prix libre

20h : Projection de “Daspu”, de Valentina Monti, Kran Film Collective, 2010
Un groupe de TDS à Rio de Janeiro se bat pour obtenir des droits et lutte contre la stigmatisation en créant une marque de vêtements qui gagne rapidement les défilés de mode brésiliens.


Dimanche 12 novembre

17h : Table ronde “Quelle éthique pour la programmation culturelle autour du travail du sexe?” avec Amar et Soraya de l’organisation des “Putains de Rencontres”.
Différents événements ont eu lieu ces derniers mois portant sur le TDS et ses représentations. Nous souhaitons aborder dans cette discussion les conséquences de cette visibilisation: si celle-ci est nécessaire pour faire connaître à un plus large public l’enjeu de l’acquisition de droits pour les travailleur.euse.x.s du sexe et la déstigmatisation de ce métier, qu’en est-il des imaginaires véhiculés par ces nouvelles formes de représentations ?
Nous invitons Amar et Soraya qui organisent les “Putains de Rencontres”, un festival par et pour les TDS ayant lieu chaque année dans une ville différente de France dans l’objectif de se donner des outils dans le cadre de l’exercice de leur travail. Ces personnes réfléchissent activement à la question des représentations des TDS au travers des programmations à destination du large public.

19h : Repas vegan prix libre

20h : Projection des épisodes de la série “Sorcière Lisa” de Camille Ducellier, 2021. Suivi d’une discussion avec Camille Ducellier, metteuse en scène, et Lisa Granado, actrice et personnage principale.
Une série documentaire intimiste qui dévoile les multiples facettes de Lisa, tantôt voyante, strip-teaseuse, cagole ou sirène.


Dimanche 19 novembre

17h30 : Lecture de La Diabla d’extraits de son prochain livre.
Ponte en mis tacones, le premier livre de La Diabla a été édité en collaboration avec Aspasie et le Collectif Occasionnel, dans le cadre de l’exposition Argent facile. La Diabla revient avec un deuxième opus, en cours d’écriture, dont elle a choisi quelques extraits.
Ce livre mêle récit autobiographique et guide pratique, il aborde la question des frontières, du travail du sexe, de l’amour, de la liberté et de la solitude. « La Diabla, fácil de conocer, difícil de olvidar ».

18h15 : Présentation du CATS – Comité autonome du travail du sexe, collectif de travailleureuses du sexe basé à Montréal.

19h : Repas vegan prix libre

20h : projection du film “La fiancée du pirate” de Nelly Kaplan, 1969
Une vengeance sociale surréaliste, dans laquelle Marie, trop humiliée depuis des années, décide, à la mort de sa mère, de se venger sans vergogne. Elle commence alors une entreprise de séduction sur tout ce que le village de Tellier compte de notables.


Dimanche 26 novembre

17h : Table ronde : “Que faire de la police et de la justice lorsque l’on est travailleur.euse.x du sexe?” avec des étudiant.e.x.s du séminaire “Law Clinic” à l’Université de Genève et Piti Pietru, travailleuse du sexe basée à Genève.
Si le TDS peut être exercé en toute légalité en Suisse, il n’en reste pas moins que l’accès à des droits sociaux fondamentaux, tels que des soins adaptés, des aides sociales, l’ouverture d’un compte ou d’un prêt bancaire restent encore impossible, mais aussi que le stigma reste profondément ancré dans la perception que la société a des TDS. Ainsi les démarches pour rapporter une agression dans le cadre du travail deviennent par exemple des plus complexes.

En France la situation, liée à la loi de pénalisation des clients et à la loi contre le proxénétisme, relègue le TDS à l’illégalité la plus totale, créant des situations de grande précarité et de grande violence pour les concerné.e.x.s, en dehors de toute considération éthique. Dans une société qu’aucun pouvoir public ne défend ou ne protège, nous voudrions donc nous poser la question des tactiques qui se développent pour que cessent le déni de la justice et le harcèlement policier à l’encontre de cette communauté de travailleur.euse.x.s. Pour ce faire, nous inviteront les organisatrices du séminaire “Law Clinic sur les droits des personnes vulnérables de l’Université de Genève” et Piti Pietru, travailleuse du sexe basée à Genève, pour converser au sujet des rapports entretenus entre les TDS, les personnes et organisations qui les défendent, la police et la justice.

19 : Repas vegan prix libre

20h : Projection du film “Au coeur du bois” de Claus Drexel, 2021

Dans le légendaire Bois de Boulogne, Samantha, Isidro, Geneviève et les
autres font le plus vieux métier du monde. Entre confidences, humour et dignité, ils et elles nous emmènent au cœur du Bois.

 

Vue de l’exposition « Argent Facile », organisée par le Collectif Occasionnel. ©Eden Levi
Archive Fond Grisélidis Real. Crédit inconnu
Labygramme. Crédit : Spangle Durac
Vue de l’exposition Argent Facile / Maïa Izzo-Foulquier. ©Eden Lévi
Dans le souffle de C. Crédit : AM Trépanier
Roberta Monte. Crédit : Roberta Monte
Sorcière Lisa. Crédit : Camille Ducellier
La Diabla. Crédit : Eva-Luna Perez

Projet subventionné par la Ville de Genève et la Fondation Oertli.