Mondo Trasho – Un projet de Sabrina Fernãndez Casas

En 2017, Sabrina Fernández acquiert l’inventaire complet d’un magasin de copies pirates de films appelé Mondo Trasho, situé à Lima, Pérou. Composé d’environ 5’000 copies pirates en format DVD qui, outre les films mainstream, comprennent une étonnante sélection de films série B, de films indépendants, de films amateurs, de films queer, de sélections artistiques et de documentaires.

Mondo Trasho était un magasin indépendant emblématique de Lima, qui a prospéré jusqu’à l’arrivée des plateformes de streaming. L’internet devenant plus rapide et le contenu devenant numérique, les DVD sont devenus obsolètes et Mondo Trasho a cessé d’être rentable. Son ancien propriétaire a annoncé sa vente sur Facebook et c’est à ce moment que Sabrina se trouvait au Pérou pour faire de la recherche sur la piraterie audiovisuelle.

Partant du principe qu’au lieu d’utilisateur·x·ice·s, le capitalisme nous transforme en consommateur·x·ice·s, tuant la possibilité d’expérimenter et d’échanger des expériences et des connaissances, Sabrina a transformé Mondo Trasho en un projet collaboratif qui active et intervient constamment sur l’archive ou l’idée d’archive pirate située au Pérou.

Suivant la logique du piratage, Sabrina donne libre accès à l’ensemble du catalogue de Mondo Trasho et à son propre travail graphique qui en découle : 55 livres d’artistes réalisés à partir des copies originales des couvertures de DVD.

L’exposition à eeeeh! comprend une installation avec les 55 livres d’artistes réalisés avec les copies originales des couvertures de DVD pirates, d’un « espace détente » fait à partir de sacs en plastique utilisés dans les marchés informels au Pérou, et d’une vidéo présentant la plateforme web MONDO TRASHO programmée par Fabien Duperrex.

Artistes invités, Patricio Gil Flood et Basile Dinbergs présenteront également des installations et une édition en étain MondoOoOoOo.  » Fruits fétiches  » de Patricio Gil Flood est composée d’une variété de fruits tatoués portant des messages d’autres terres et d’autres temps.

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Mondo Trasho et les œuvres d’art/interventions qui l’entourent sont une réflexion collective sur les systèmes d’économie informelle qui existent en Amérique latine et qui ont normalisé des pratiques telles que le piratage. En même temps, il s’agit d’une forte critique contre le capitalisme et la privatisation de la connaissance qu’il promeut.

Toutes les productions dérivées et les collaborations issues de la manipulation de cette archive sont accessibles sur la plateforme web MONDO TRASHO *

*https://mondotrasho.org

Avec des oeuvres de Sabrina Fernández Casas, Jorge Raka, Veronica Luyo & Alvaro Icaza, Isabel Guerrero, MUTA and Fabiola Sialer

Site web: Fabien Duperrex / Design logos: Leo Pantoja

Ce projet reçoit le précieux soutien de la Société des Arts de Genève

 

BIO

En utilisant diverses stratégies subversives – piratage, distorsion, infiltration – Sabrina Fernández Casas valorise des récits non hégémoniques et explore leurs modes de circulation et leurs contextes de diffusion à travers la création d’artefacts.

Basée à Genève, elle a co-fondé MACACO PRESS – un projet collectif qui explore la relation entre l’auto-édition et la performance (publishing performance).

Son travail a été exposé à la La Capsula (Zurich), Centre d’art contemporain (Genève), CAN – Centre d’art de Neuchâtel, Lokal-int (Bienne), Villa Bernasconi (Geneva), Kiosko Galeria (Santa Cruz de la Sierra, Bolivia), Kabinett des Salzburger Kunstverein (Salzburg), Weserburg|Museum für moderne Kunst (Bremen), Roz Barr Gallery (London), La Casa Encendida (Madrid), Galería Bacelos (Vigo).

 

zombii bootcamp: sensibilité & perception, créativité & savoirs en contextes décoloniaux

Le camp d’entraînement zombii est un espace de collaboration artistique pour la pratique et la réflexion sur la façon dont notre sensibilité et notre perception créent et sont créées par nos idées, langages et médias qui produisent des attitudes et comportement sociaux. Le bootcamp s’intéresse également aux processus de décolonisations comme une possibilité de revitaliser notre expérience du monde. À travers les pratiques ouvertes au public, nous voulons rendre les perceptions singulières de chacunxe de nous disponibles pour les autres membres du collectif amifusion ainsi que pour le public.

Contrairement à l’année dernière, où nous avons travaillé sur devenir zombii, notre hypothèse pour ce camp d’entraînement est que l’espace est le moment où la singularité peut se produire est un lieu de résistance.

En 2021, nous avons essayé de développer un espace commun : le monstre zombii, la possibilité d’un être inconscient, un organisme en essaim et le seul monstre concevable qui pourrait être vraiment posthumain. 

Le zombii a été déclaré comme étant peut-être le seul être qui porte la possibilité de produire quelque chose d’autre au-delà de la race, de la classe, du genre, au-delà de toutes les formes de discrimination et d’oppression, quelque chose qui peut être pensé au-delà du conduit de l’humanité, au sens posthumain, pour sortir de notre fatras de distribution inégale et d’injustice. 

En sortant de ces expériences, nous revenons à nos sens. À nos singularités. Comme l’a déclaré Nazım Hikmet :  » Vivre comme un arbre, célibataire et libre // mais en fraternité [relation, amitié, solidarité, sororité/fraternité] comme une forêt, // tel est notre désir ardent. « 

 

 

PRATIQUES OUVERTES

13 juin 18h30-20h30

allemand ou/et anglais, trad FR (év. aussi trad ESP)  si nécessaire

in/audible past, soundarchives, knowledge circulation

passé in/audible, archives sonores, circulation du savoir

 

Explorer l’univers de l’écoute des archives sonores.

Qu’est-ce que l’expérience corporelle dans le contexte des archives sonores ? Dans quelle mesure l’oreille est-elle touchée différemment que par un matériel (audio)visuel ? Pouvons-nous entendre ce que nous savons / ne savons pas ? Comment écouter le passé à travers des oreilles post/modernes ? Par quels médias notre écoute a-t-elle été façonnée ? Cultures auditives : comment nos affects, nos sens et notre perception sont portés au monde ?

Dans cet atelier, je souhaite partager ces questions, aiguiser nos sens par des exercices d’écoute et discuter de ces espaces ouverts grâce à différentes archives sonores.

 

Matériel à emporter avec vous : écouteurs audio et smartphone, habits confortables

L’atelier s’adaptera aux personnes participantes, aucun entraînement physique n’est nécessaire.

Sur inscription par mail à : eeeeh@eeeeh.ch (max 15 personnes)

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Let’s explore the world and space of listening sound archives together.

What is a (body) experience in the context of soundarchives? In what way does it hit through the ear in a different way then audiovisual / visual materiality? Can we hear what we know / don’t know? How do we listen to the past through post/modern ears? By which media did our listening get shaped? Hearing cultures: how our affects, senses and perception are brought to the world?

In this workshop i want to share those questions and develop a sharpening our senses through listening excercises and to discuss thoses spaces opened through different soundarchives. 

Equipment to bring with you: headphones and smartphone, comfortable clothes

The workshop will be adapted to the participants, no physical training is necessary.

Registration by email to: eeeeh@eeeeh.ch (max 15 people)

 

15 juin 18h30-20h30

espagnol ou/et anglais, trad FR/ALL si nécessaire

listening, resonance, identity, vocality, awareness, cultural belonging

écoute, résonance, identité, vocalité, sensibilité, appartenance culturelle

 

Qu’est-ce que nous écoutons quand nous écoutons ? Qu’est-ce que nous écoutons quand nous rendons nos oreilles disponibles au monde ? De quoi est constituée notre écoute ? Et si nous fermons les yeux et que nous nous souvenons d’une chanson importante dans notre vie ou si nous nous souvenons de la voix d’une personne qui nous est chère, est-ce que nous écoutons vraiment ? Quel genre d’écoute représente l’écoute de l’inaudible ?

    Avec la pratique Écoute et Résonance nous partagerons des jeux de réception et d’émission. Ces exercices nous permettent de partager la diversité de nos expériences et de travailler sur ces questions.

    Lors d’Écoute et Résonance, nous travaillerons avec des enregistrements sonores de différentes sources (musique, paysages sonores, voix, etc.), avec des pratiques vocales collectives et de la musique live.

Matériel à emporter avec vous : écouteurs audio et smartphone, habits confortables

L’atelier s’adaptera aux personnes participantes, aucun entraînement physique n’est nécessaire.

Sur inscription par mail à : eeeeh@eeeeh.ch (max 15 personnes)

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What do we listen to when we listen? what do we listen for when we make our ears available to the world? what is our listening made of? and if we close our eyes and remember an important song in our lives or if we remember the voice of someone dear to us, are we really listening? what kind of listening is a listening to the inaudible?

With the practice Listening and Resonance we share some games and exercise of reception and emission. These allows us to share the diversity of our experiences and to work on these questions.

Listen and Resonance will deal with sound recordings from different sources (music, soundscapes, voices, etc.), collective vocal practices and live music.

 

Equipment to bring with you: headphones and smartphone, comfortable clothes

The workshop will be adapted to the participants, no physical training is necessary.

Registration by email to: eeeeh@eeeeh.ch (max 15 people)

 

21 juin 18h30-20h30

français, trad ANG/ALL si nécessaire

movement in relation: self, environment and energy awareness

mouvement en relation. conscience de soi, de l’environnement et de l’énergie

 

La prof de ballet dit de dérouler le pied et d’atterrir sans bruit comme une plume, mais nous on veut taper. Le bruit, la résonance dans le corps. Cette tension m’intéresse: d’un côté, faire attention à conserver mes articulations pour continuer à danser jusqu’à ce que je sois vraiment vieille; et de l’autre, utiliser l’énergie des mouvements forts, rapides, saccadés, martiaux, parfois douloureux, pour retourner dans son corps, dépasser ses limites et se connecter avec le reste du groupe. 

Matériel à emporter avec vous : habits confortables et baskets

L’atelier s’adaptera aux personnes participantes, aucun entraînement physique n’est nécessaire.

Sur inscription par mail à : eeeeh@eeeeh.ch (max 15 personnes)

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The dance teacher says to unroll the foot and land without noise like a feather but we want to knock heavily. The noise, the resonance in the body. I’m interested in this tension: on the one hand, being careful to preserve my joints so I can continue to dance until I get old; and on the other hand, using the energy of strong, fast, jerky, martial, sometimes painful movements to feel your body, go beyond your limits and connect with the rest of the group. During this practice we will move and dance together and let our bodies work about these questions. 

Equipment to bring with you: comfortable clothes and sneakers

The workshop will be adapted to the participants, no physical training is necessary.

Registration by email to: eeeeh@eeeeh.ch (max 15 people)

 

22 juin

espagnol ou/et allemand, trad FR/ANG si nécessaire

listening, awareness, movement

écouter, conscience & attention, mouvement

Comment le mouvement du corps peut-il informer notre conscience ? Quelles relations inattendues peuvent émerger ? Que sait le corps ? À partir d’un cadre d’improvisation simple, nous essaierons de plonger dans une expérience de mouvement, dans laquelle mon intention est de permettre un espace de conscience où la rencontre entre les corps peut se produire. Matériel à emporter avec vous : habits confortables et baskets

L’atelier s’adaptera aux personnes participantes, aucun entraînement physique n’est nécessaire.

Sur inscription par mail à : eeeeh@eeeeh.ch (max 15 personnes)

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How can body movement inform our consciousness? What unexpected relationships can emerge? What does the body know? From a simple improvisation frame we will try to dive into a movement experience, in which my intention is to enable a space of awareness where the encounter between bodies can happen..

Equipment to bring with you: comfortable clothes and sneakers

The workshop will be adapted to the participants, no physical training is necessary.

Registration by email to: eeeeh@eeeeh.ch (max 15 people)

 

25 juin 11h

discussion ouverte finale en anglais, trad FR/ALL si nécessaire

« coming together », suivi d’un repas prix libre de soutien

Le camp d’entraînement zombii est un espace de collaboration artistique pour la pratique et la réflexion sur la façon dont notre sensibilité et notre perception créent et sont créées par nos idées, langages et médias qui produisent des attitudes et comportement sociaux. Le bootcamp s’intéresse également aux processus de décolonisations comme une possibilité de revitaliser notre expérience du monde. À travers les pratiques ouvertes au public, nous voulons rendre les perceptions singulières de chacunxe de nous disponibles pour les autres membres du collectif amifusion ainsi que pour le public.

Contrairement à l’année dernière, où nous avons travaillé sur devenir zombii, notre hypothèse pour ce camp d’entraînement est que l’espace est le moment où la singularité peut se produire est un lieu de résistance.

En 2021, nous avons essayé de développer un espace commun : le monstre zombii, la possibilité d’un être inconscient, un organisme en essaim et le seul monstre concevable qui pourrait être vraiment posthumain. 

Le zombii a été déclaré comme étant peut-être le seul être qui porte la possibilité de produire quelque chose d’autre au-delà de la race, de la classe, du genre, au-delà de toutes les formes de discrimination et d’oppression, quelque chose qui peut être pensé au-delà du conduit de l’humanité, au sens posthumain, pour sortir de notre fatras de distribution inégale et d’injustice. 

En sortant de ces expériences, nous revenons à nos sens. À nos singularités. Comme l’a déclaré Nazım Hikmet :  » Vivre comme un arbre, célibataire et libre // mais en fraternité [relation, amitié, solidarité, sororité/fraternité] comme une forêt, // tel est notre désir ardent. « 

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The zombii bootcamp is an artistic collaboration space for practice and reflection on how our sensitivity and perception create and are created by our ideas, languages and medias that produce attitudes and social behaviour. The bootcamp is also about the processes of decolonisation as a possibility to revitalize our experience of the world. Through the open practices we want to make the singular perception of each of us available for the other members of the collectif amifusion as well as for the audience.

In opposition to last year, where we worked on becoming zombii, our hypothesis for this upcoming bootcamp event is that the space and the moment where singularity can happen is a place for resistance.

In 2021 we tried to develop a common space, the zombii monster, an unconscious being that is a swarm organism and the only conceivable monster that could be truly posthuman. Zombii was stated as perhaps the only being that carries the possibility of producing something else beyond race, class, gender, beyond all forms of discrimination and oppression, something that can be thought beyond the ductus of humanity, in the posthuman sense, to escape from our mess of unequal distribution and injustice.

Outgoing from this experiences we need to come back to our senses. To our singularities. How Nazım Hikmet stated: «Living like a tree, single and free // yet in fraternity [relation, friendship, solidarity, sisterhood/brotherhood] like a forest, // that is our longing.»