« Attendre un heureux événement – Guter Hoffnung sein » de Pascale Schreibmüller

  • Résidence et exposition du 16.01.26 au 06.02.26.
  • Vernissage, présentation du projet par l’artiste et repas prix libre, le vendredi 23 janvier de 18h à 21h
  • « The Gossips »: Rencontres sur rdv avec l’artiste tout au long du projet, s’adressant aux personnes qui ont subi une perte dans le contexte d’une grossesse et aux personnes appartenant au réseau des acteurs concernés. Écrire à Pascale Schreibmüller : hebamme@immerda.ch.
  • Ouvertures de l’espace du 16.01.26 au 06.02.26, les mardis et jeudis de 15h à 18h. L’espace est ouvert aux visites, en présence de l’artiste. Des contributions spontanées en résonance avec le thème peuvent être échangées et/ou installées.

Programme détaillé ci-dessous

FR/DE

L’euphémisme « In guter Hoffnung sein » (all.) est encore utilisé aujourd’hui dans les pays germanophones pour désigner une grossesse. Cette expression fait d’abord référence à une attente indéterminée, tournée vers l’avenir, qui a à la fois une connotation positive et souhaitable. En français, l’expression « attendre un heureux événement » est comparable, car elle désigne également la grossesse, mais met davantage l’accent sur l’attente joyeuse d’un événement heureux. La promesse implicite de bonheur liée à une naissance imminente constitue un récit culturel central dans les deux zones linguistiques. Contrairement à l’expression française, l’expression allemande véhicule toutefois une certaine ambivalence : outre l’espoir, elle fait également référence à l’incertitude et à l’imprévisibilité qui peuvent accompagner une grossesse. Ces deux euphémismes occultent les perspectives qui ne cadrent pas avec le récit dominant du bonheur lié à la grossesse et à la naissance. Les expériences de celles et ceux qui ne souhaitent pas de grossesse, qui vivent un avortement – volontaire ou involontaire – ainsi que les voix des personnes dont les enfants naissent morts ou décèdent peu après la naissance restent invisibles.

Quels scénarios d’avenir peuvent être imaginés de manière critique avec le début de la grossesse ? Quelles cultures mémorielles autour des mort-nés peut-on trouver à Nyon et ses environs ? Pascale Schreibmüller en recueille les traces et les connaissances partagées.

Der Euphemismus „guter Hoffnung sein“ wird im deutschsprachigen Raum bis heute gelegentlich als Bezeichnung für eine Schwangerschaft verwendet. Der Ausdruck verweist zunächst auf eine unbestimmte, in die Zukunft gerichtete Erwartung, die zugleich als positiv und wünschenswert konnotiert ist. Im Französischen findet sich mit „attendre un heureux événement“ eine vergleichbare Redewendung, die ebenfalls für Schwangerschaft steht, dabei jedoch stärker das freudige Erwarten eines glücklichen Ereignisses betont. Das implizite Glücksversprechen einer bevorstehenden Geburt bildet in beiden Sprachräumen eine zentrale kulturelle Erzählung. Im Unterschied zum französischen Ausdruck transportiert die deutsche Wendung jedoch eine gewisse Ambivalenz: Sie deutet neben der Hoffnung auch auf die Unsicherheit und Unwägbarkeit hin, die eine Schwangerschaft begleiten können. Beide Euphemismen blenden zugleich jene Perspektiven aus, die nicht in das dominante Glücksnarrativ von Schwangerschaft und Geburt passen. Unsichtbar bleiben dabei die Erfahrungen derjenigen, die eine Schwangerschaft nicht wünschen, die einen Schwangerschaftsabbruch – gewollt oder ungewollt – erleben, ebenso wie die Stimmen von Personen, deren Kinder tot zur Welt kommen oder kurz nach der Geburt versterben.

 

©Pascale Schreibmüller
©amrandederprovinz (insta: @amrandederprovinz)

Programme


Vernissage le vendredi 23 janvier de 18h à 21h.

18h00 : ouverture de l’espace
18h30 : présentation du projet par l’artiste
19h30 : repas prix libre


« The Gossips » 

Rencontres sur rdv s’adressant aux personnes qui ont subi une perte dans le contexte d’une grossesse et aux personnes appartenant au réseau des acteurs concernés, telles que les sages-femmes, les accompagnatrices rituelles et bien d’autres encore. Écrire à Pascale Schreibmüller : hebamme@immerda.ch.

À Nyon et dans ses environs, je pars à la recherche d’indices :
Où se trouvent les lieux de mémoire des enfants mort-néxes ?
Quels signes, quelles voix, quelles formes de silence peut-on trouver – dans le paysage, dans les archives, dans les récits ?

Comment l’invisible laisse-t-il des traces et s’inscrit-il dans les matériaux ?
Quels rituels résonnent avec les pertes dans le contexte de la grossesse ?
Qu’entendons-nous lorsque nous nous souvenons ?
Quels espaces s’ouvrent lorsque le deuil est partagé, raconté, incarné ?

Si tu te sens concerné·x·e d’une manière ou d’une autre et que tu souhaites partager ton expérience, n’hésite pas à me contacter pour échanger : hebamme@immerda.ch.


Ouvertures de l’espace du 16.01.26 au 06.02.26.

Tous les mardis et jeudis de 15h à 18h
Ouvert à touxt.es

L’espace est ouvert aux visites, en présence de l’artiste. Des contributions spontanées en résonance avec le thème peuvent être échangées et/ou installées.

« Que peut-on partager ?

Des histoires, des souvenirs, des objets, des photos, des mots, des sons, des lieux, des livres, des promenades – tout ce qui, jusqu’à présent, n’avait que peu ou pas de place dans le contexte d’une perte liée à la grossesse. »

Atelier « Gossip in der Wochenstube », Archives Gosteli, mai 2024, ©Ines Kleesattel
fragments de mémoire ©Pascale Schreibmüller

Biographie

Pascale Schreibmüller est théoricienne, artiste et sage-femme – une alliance contingente de pratiques queer-féministes qui s’entremêlent de manière transdisciplinaire, mène des recherches indisciplinées et prête l’oreille à des connaissances polyrythmiques.

Elle mène actuellement des recherches sur les « queer archives of stillborn (m)others » à la ZHdK et à l’Université des Arts de Linz, et travaille comme sage-femme indépendante à la maison de naissance Delphys.

©amrandederprovinz (insta: @amrandederprovinz)