Nina Haab

Soll ich bleiben oder gehen ?

Une exposition de Nina Haab 

du 4 au 27 décembre 2020

ME – VE : 16h – 19h , SA : 11h – 15h et sur rendez-vous

L’artiste sera sur place les 4, 5, 11, 18 et 19 décembre

Soll ich bleiben oder gehen ? est une exposition de l’artiste suisse Nina Haab qui regroupe une sélection d’œuvres de ses deux derniers projets : Missive (2017 – en cours) et Vue sur Jersey (2018 – en cours). Sa recherche se focalise sur l’histoire et la mémoire collective. Elle est particulièrement intéressée par la dimension autobiographique et ses rapports aux différents territoires culturels. Elle n’hésite pas à mélanger la fiction et les faits, ceci dans le but d’enrichir l’aspect narratif contenu dans son travail. 

Missive est une installation qui montre une série de dessins au crayon réalisés sur d’anciens meubles. Les images représentent des photographies suisses datant de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle. Elles sont toujours accompagnées de phrases qui traduisent une actualité, un témoignage ou une pensée que l’artiste veut transmettre de façon métaphorique aux personnages du passé figurant sur l’image. Elle inclut dans son travail aussi bien sa vie privée marquée par les préoccupations de notre société que la politique mondiale ou le milieu de l’art contemporain

Vue sur Jersey, une installation également, est composée d’une photographie, de meubles anciens, de sable, de pierres, et de dessins au crayon sur papier. La plupart des images représentent une plage d’environ 3 km entre Pirou Plage et Armanville. Ce projet a été initié par l’artiste après sa découverte des ruines d’un ancien télégraphe situé jusqu’à la fin des années septante sur les dunes. Cette construction s’est effondrée suite à l’érosion du littoral. C’est un problème mondial auquel n’échappe pas la Basse-Normandie. Les secteurs dunaires sont en effet très exposés et reculent chaque année. 

Nina Haab est une artiste suisse née en 1985 à Bellinzone. Après quelques années passées à Nyon, elle vit et travaille actuellement à Genève où elle a obtenu un Master en arts visuels à la Haute école d’art et de design (HEAD). En 2012 elle se voit attribuer un atelier pour artistes plasticiens par la Ville de Genève et un prix fédéral au Swiss Art Awards à Bâle. Entre 2015 et 2016 elle est invitée à participer à la résidence d’artiste ABA à Berlin, soutenue par Pro Helvetia. Aujourd’hui, Nina Haab expose régulièrement en Suisse ainsi qu’à l’étranger. Elle a notamment présenté son travail au Centre d’art Contemporain de Genève (2013); au Kunstmuseum Lucerne (2015); au Museo d’arte della Svizzera italiana, Lugano (2016); au KUNST-WERKE | Studiolo, Berlin (2016); au Kunsthaus Langenthal (2017); au Château d’Aubais (2018); à la Fondazione Cesare Pavese, Santo Stefano Belbo (2019-20); au GAM, Turin (2020-21). En 2020, elle est lauréate de la Bourse Abraham Hermanjat. 

www.ninahaab.ch

Willi Woo

Une exposition collective proposée par Alexia Turlin
Prolongée jusqu’au 29 novembre.

L’exposition sera ouverte cette semaine et gardiennée par Alexia Turlin!

Ouverture du mercredi au vendredi de 16h à 19h et samedi de 11h à 15h

WILLI WOO, une proposition d’Alexia Turlin.

Avec des oeuvres de:
Andreas Kressig / Cathia Rocha / Claude-Hubert Tatot / Christina Jonsson / Lucie Eidenbenz / Sofia Kouloukouri / Aline Seigne / Céline Peruzzo / Benjamin Tenko / Laura Thiong-Toye / Anaëlle Clot / Julien Babel / Valentina Pini / Sébastien Leseigneur / Camille Renault / Hadrien Dussoix / Eun Yeoung Lee / Gaël Grivet / Tami Ichino / Diana Tipoia / Eric Winarto / Zun Riondel / Thomas Maisonnasse / Keiko Machida / Peter Stoffel / Nina Schipoff / Eric Philippoz / Alexandra Nurock / Pierre Zufferey / Florence Vuilleumier / Heike Cavallo / Laure Gonthier / David Bonvin / Fanny Balmer / Galaxia Wang / Laura Rivanera /  Sapin Magique

Visites commentées par Alexia Turlin sur inscription dès 5 personnes.

30 octobre: vernissage et performance culinaire de Christina Jonsson

Samedi 7 novembre – Journée des arts reportée à 2021
12h visite guidée par Alexia Turlin
17h performance de Lucie Eidenbenz, THAUMATOGRAPHY
19h concert de Sapin Magique

Dimanche 15 novembre 18h – performance reportée – date encore inconnue
Sofia Kouloukouri, MISUNDERSTANDINGS IN TUNE : A KARAOKE

WILLI WOO, une proposition d’Alexia Turlin avec  33 artistes rassemblés sur une peinture murale au fusain et au spray de l’artiste-curatrice dans l’espace d’art Eeeeh à Nyon. 
WILLI WOO c’est une grande rafale de vent qui s’abat à 200km\h dans les canaux chiliens et argentins de Patagonie. 
WILLI WOO c’est l’esthétique des liens cosmiques qui nous entourent . 
WILLI WOO c’est nous.  
WILLI WOO c’est la puissance d’un courant éphémère qui s’engouffre dans la galerie nyonnaise pendant 2 semaines. 
C’est une voix collective. 
La puissance de l’art.

Chaque pièce choisie par Alexia Turlin est issue des collections des artistes, de la Milkshake Agency (atelier et espace d’art genevois d’Alexia) et sont pour certaines, des œuvres inédites produites pour cette exposition.
La peinture murale d’Alexia Turlin en fond d’accroche, un mur de montagnes de la série ouverte des montagnes-eau, nous rappelle à l’ordre sur les lois de la gravité. 
Un paysage en mouvement permanent.

OK(N)o/ Cie Pieds Perchés

Investigation sur la frontière entre espace public et espace privé.

Résidence du 12 au 25 octobre
Spectacles les 23 octobre à 19h et 24 octobre à 15h et à 19h.

Que devient la notion de l’intime dans ce monde ou l’arrivée des nouvelles technologies a rendu la frontière entre sphère publique et sphère personnelle de plus en plus ambiguë?
OK(N)o est un projet de cirque in situ qui interroge la limite entre le privé / le public et quelles sont nos libertés dans ces deux espaces.
Il s’agit d’une expérience sensible qui joue sur l’idée de regarder et d’être regardé, mettant les spectateurs·x·ices dans la position des voyeurs·x·euses mais aussi parfois comme étant les sujets exposés.
OK(N)o est un projet en tournée, constitué d’une structure principale qui est amenée à être détournée suivant le lieu proposé. La compagnie travaille avec différents artistes investis dans le tissu culturel local ou issus de leurs réseaux artistiques. La représentation est donc à chaque fois une expérience unique.

Le projet OK(N)o est soutenu en Tchéquie par le Ministère de la culture, la ville de Prague, Cirqueon, KD Mlejn, Depo2015, Studio Alta, Cooltour, et en Suisse par l’espace eeeeh !, la Région de Nyon, la Ville de Nyon et l’Ambassade de La République Tchèque à Berne.

Concept: Stéphanie NDuhirahe, Morgane Widmer (Cie Pieds Perchés)
Sur scène: Stéphanie NDuhirahe, Morgane Widmer, Lili Parson, Chloé
Démétriadès, Phillipe Droz, Elsa Bouchez
Oeil extérieur: Lukáš Karásek
Musique: Roman Džačár
Création vidéo: Dsu Ranger
Artistes en collaboration: Filip Zahradnický, Michaela Stará, Lucie NDuhirahe,
Marina Mezzogiorno Brown, Cécile Da Costa, Daniel Kvašňovšký, Jana Ryšlavá
Administration: Hedvika Zýková
Production: Schmilblick spolek
Soutiens et co-productions: Hlavní město Praha, Ministerstvo kultury
ČR, Cirqueon, KD Mlejn, Depo2015, l’espace eeeeh !, la Région de Nyon, la Ville de Nyon et l’Ambassade de La République Tchèque à Berne.

La Cie Pieds Perchés, créée en 2009 par Stéphanie N’Duhirahe et Morgane Widmer, est une compagnie de cirque tchéquo-suisse travaillant entre la Tchéquie, la France et la Suisse.
Stéphanie et Morgane, enfants, découvrent les arts du cirque à L’Elastique citrique (Nyon). Stéphanie se forme ensuite à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Genève puis à l’Ecole de Cirque de Québec et Morgane à l’ E.S.A.C (Ecole Supérieure des Arts du Cirque de Bruxelles).

Cie Pieds Perchés a créé plusieurs spectacles (Foutaise, 2010; Le poids du vide, 2013/re-création 2016; Vejce Vejci, 2015 et Mute/En Sourdine,2016 Mezi Reci, 2018) qui ont été présentés internationalement.

www.ciepiedsperches.com
https://www.facebook.com/PiedsPerches
instagram: ciepiedsperches
instagram spécial eeeeh!: ok.n.o_a_eeeeh

Swiss Neutral

Swiss neutral 

Du 2 au 11 octobre 2020

Vernissage: 1er octobre 2020, 18:30
Présence de Ruth Noemi Bendel en live toute la soirée
20:00 Kebranto, une performance de Jonas Van et Chienne de Garde

Une exposition proposée par Valentina D’Avenia et Céline Burnand qui réunit des artistes dont le travail aborde la question de l’identité suisse, ainsi que ses aspects coloniaux.

Denise Bertschi, Céline Burnand, Léa Katharina Meier, Ruth Noemi Bendel, Chienne de Garde et Jonas Van ont en commun une expérience réflexive sur leurs rapports à la Suisse et sa culture, et leurs travaux s’intéressent à certains aspects spécifiques tels que la neutralité et la propreté suisses qui sont des symboles forts de l’image et de la réputation du pays.

Aux oeuvres plastiques des artistes feront écho les interventions de l’historienne Stéphanie Ginalski, spécialisée dans l’histoire économique de la Suisse, et l’historien de l’art indépendant Matthieu Jaccard.

Finissage: 11 octobre 2020, 16:00
17:00 Conférence de Matthieu Jaccard, le coeur de la bête.
17:30 Conférence de Stéphanie Ginalski, Une Suisse qui aide et qui tue : le scandale Bührle.

Horaires d’ouverture: 
(possible également d’ouvrir sur demande – 077 909 37 25)

jeudi 1 octobre : vernissage à 18h30 + performance à 20h + repas offert
vendredi 2 octobre : 16h00 – 19h00
samedi 3 octobre : 11h00 – 16h00
dimanche 4 octobre : 11h00 – 16h00
jeudi 8 octobre : 16h – 19h00
vendredi 9 octobre : 16h – 19h00
samedi 10 octobre : 11h – 16h00
dimanche 11 octobre: 11h – 20h

KEBRANTO – Chienne de Garde et Jonas Van

performance le 1 octobre à 20h et installation vidéo

Chienne de Garde est une performeuse pluri-disciplinaire et productrice autodidacte basée à Lausanne. Sous différents acronymes elle explore différents médiums de création.

Sous Chienne De Garde, elle s’essaie à la production musicale. S’aidant de sample Batimbo ou suisse elle crée des tableaux sonores hybrides émotionnels et sincères. Elle est une des membre fondatrice de B2B2 colective et elle est la fière fille d’Ivy Monteiro (Tropikahl Pussy) et membre de la house of B.Poderosa.

Jonas Van est unx artiste brésilen transviado et unx cuisinierx. Sa pratique est un exercice radical de questionnement des structures du pouvoir cis-normatif, créant des écologies kuir en utilisant la vidéo, l’installation et le texte. Son travail propose la monstruosité comme une narration fictionnelle et profondément intime, une fracture linguistique et sociale et une transition anti-coloniale par la perspective de la nourriture.

Kebranto

Une proposition de Jonas Van et Chienne de Garde, avec interventions visuelles de Juno B.

A partir de la pensée de Oyèrónké Oyěwùmí, dans son livre Visualizing the body, où l’autrice analyse la compréhension cognitive occidentale et fait remarquer que celle-ci est construite essentiellement par le sens de la vue et par l’exercice mental, puisque héritée de la tradition cartésienne où le corps et l’esprit sont séparés, Jonas Van et Chienne de Garde proposent Kebranto, une pièce audiovisuelle matérialisée à travers les gestes de deux corps qui créent une narration de fantasmes radicaux, remettant en question la neutralité des désirs et leurs genèses politiques. Kebranto, en portugais du Brésil, est un sortilège d’ordre spirituel qui se fait à partir du regard, qui casse l’esprit en morceaux et empêche son mouvement.

La cisgénérité étant un outil d’hégémonie occidentale, elle est cristallisée en Suisse de manière violente, ainsi que les désirs qui en découlent. Cette cristallisation rend possible la mise à jour de la colonialité et de la neutralité helvétiques, qui sont inscrites dans l’histoire et dans les corps normatifs, qui structurent le passé et le présent comme une répétition de gestes et de traditions.

Avec Kebranto, les artistes répètent d’autres pactes et des alliances ouvrant des portails pour provoquer une décristallisation. Montagnes alpines anciennes qui font germer de petites pierres précieuses entre leurs fissures, avalanches qui révèlent des prismes érotiques et inondent la binarité kitch, voix qui orchestrent la télépathie et l’autocombustion, couleur carmin rouillée dans les cratères terrestres et lunaires qui rêvent une collision extra sensorielle, infinis yeux ouverts qui mettent en pièces la foi en les hommes cis blancs et qui salissent leurs langues coloniales.

Kebranto est un geste. Tout geste est chargé de pouvoir magique. La pensée occidentale apprend à oublier l’intuition et les sortilèges. Kebranto rappelle que nos propres corps sont puissants, ainsi que l’énergie qui y habite, c’est un geste de récupération de ce pouvoir pour déstructurer l’opération coloniale.

STATE FICTION – Denise Bertschi

installation

“Le thème central de Denise Bertschi se reflète dans la feinte innocence des fleurs: l’invisibilité de certaines pratiques auxquelles la Suisse doit l’essentiel de sa prospérité. L’artiste se concentre sur la reconstruction des actions qui rendent certaines choses invisibles, qui favorisent l’oubli, ou qui bâtissent une fausse innocence, manifestée également dans le paradigme de la “neutralité” qui est, en fait, juste une façade pour un camouflage systématique.” Anselm Franke dans STRATA.Mining Silence. Denise Bertschi, Edition Fink and Aargauer Kunsthaus, 2020

Denise Bertschi (*1983, Aarau) vit et travaille en Suisse. Par sa pratique artistique investigative, Denise Bertschi revisite des évènements de l’histoire contemporaine pour interroger de manière critique les relations de la Suisse avec le reste du monde. Elle trace une perspective globale – économique, sociale et écologique- sur l’empreinte extra-territoriale de la Suisse. A travers un corpus développé durant les 7 dernières années et constitué de mémoires collectives et de mythes culturels, Bertschi démasque la neutralité suisse et montre qu’elle est un agent dans l’économie suisse et son expansion quasi-impérialiste dans le monde. Architecture, paysages et matérialités deviennent des lentilles pour cartographier de manière judicieuse le ‘capitalocène’ (Jason Moore) du capitalisme extractiviste et du commerce de matières premières. A l’intérieur de cette matrice elle s’intéresse à ce qui est caché, négligé ou réprimé, qu’elle présente à travers des vidéos-installations, des archives, des photographies et des publications. Denise Bertschi a gagné le Prix Manor 2020 à l’Aargauer Kunsthaus, curaté par Yasmin Afschar, et elle a été pré-sélectionnée pour le Pavillon suisse à la 59ème Biennale de Venise. En parallèle d’une activité d’exposition en Suisse et ailleurs, elle est actuellement en thèse à l’EPFL Lausanne en collaboration avec la HEAD – Genève.

 

STATE FICTION

STATE FICTION de Denise Bertschi est une recherche à longue durée sur le paradigme de la neutralité suisse.

Il s’appuie sur un fonds d’histoire géopolitique, sociologique et photographique des médias très explosif. La question de la neutralité est abordé à travers l’objectif de soldats suisses et officiers de haut rang stationnés en mission « neutre » dans la zone démilitarisée entre les deux Corées. Le NNSC (Neutral Nations Supervisory Commission) est en mission depuis 1953 jusqu’à aujourd’hui.

Le fonds photographique soulève autant de questions qu’il peut répondre : Questions sur la représentation de l’image nationale suisse, sa cohérence sous le mythe identitaire de la soi-disant neutralité, la signature suisse sur la scène des événements politiques mondiaux avec les outils du paradigme des « bons offices de la Suisse ».

Les photographies disponibles ne contiennent pas de vue objectif ou neutre. Les aspects problématiques de la photographie sont abordés, un aspect enraciné dans les relations de pouvoir colonial et la création et la diffusion de stéréotypes qui contribuent davantage à la marginalisation et à la suppression de ses subalternes. Comment se déroule la rencontre avec « l’Autre » et quelle est la perspective ? Le regard est parfois naïf sur la faune et la flore ou encore sur la culture coréenne d’un pays déchiré par la guerre. Dans les photographies on observe sans cesse la rencontre de ces « mondes » et une supériorité subliminale est perceptible dans le regard des soldats suisses.

Les thèmes apparemment banaux ne le sont pas. Les caméras sont un produit du régime scopique de l’impérialisme. Cependant, les droits impériaux ne sont pas entièrement inscrits dans le dispositif. Le caractère unilatéral de l’appareil photo et sa verticalité divisent l’espace dans lequel il se trouve en deux parties : ce qui est « devant » et ce qui est « derrière », écrit la théoricienne de la photographie Ariella Azoulay. Les photographies témoignent de l’attitude de la Suisse dans la diplomatie et la politique internationales et de ce que l’on appelle la promotion de la paix.

Que signifie promouvoir la paix ? Quel profit le petit État suisse peut-il tirer de cette situation pour se créer une place sur la scène politique mondiale? Les œuvres de Denise Bertschi abordent ces questions à travers la pratique photographique des acteurs « neutres » eux-mêmes.

Publication à venir en 2021: STATE FICTION, Denise Bertschi, published by éCPG Centre de la Photographie de Genève.

texte: Denise Bertschi

Quem chega cedo beba água limpa (Qui arrive tôt boit de l’eau propre) 

Léa Katharina Meier

vidéo

Léa Katharina Meier (1989* à Vevey) est artiste visuelle et travaille avec la performance, les textiles, le dessin et l’écriture. Au sein de sa recherche, elle souhaite créer des nouvelles narrations et imaginaires dans lesquels le sale, le monstrueux, les émotions et les états corporaux définis comme négatifs peuvent être incarnés, incorporés comme une guérison et cela avec beaucoup de plaisir. Diplômée d’un bachelor de la HKB à Berne en 2012  et d’un master de la HEAD à Genève en 2015, elle performe et expose dans plusieurs festivals, espace d’art et théâtres en Suisse. En 2018 et 2019 elle part 5 puis 4 mois à São Paulo où elle participe aux résidences FAAP et Pivô arte pesquisa. A São Paulo, elle développe une recherche sur les notions de propreté et d’hygiène en lien avec l’identité coloniale suisse et travaille notamment en collaboration avec l’artiste et curatrice Valentina D’Avenia sur le projet d’exposition « Corpo Aberto – Um arquivo de sentimentos » réunissant six artistes et un collectif brésilien.ne.x.s dans une exposition à Vevey. En 2020, elle fait partie des finalistes de PREMIO – prix d’encouragement aux arts de la scène en Suisse. Actuellement, avec Aurore Zachayus, Valentina D’Avenia et Luana Almeida, elle traduit un recueil de textes d’auteuricexs brésilien.ne.x.s sélectionné par Diane Lima, Cintia Guedes et abigail Campos Leal, qui sera prochainement publié aux éditions brook à Paris. En 2021, elle présentera la performance “Ma maison est une maison sale: laver plus blanc” au TU-Théâtre de l’Usine à Genève ainsi qu’à l’Arsenic à Lausanne.

 

Quem chega cedo beba água limpa (Qui arrive tôt boit de l’eau propre) 

Quem chega cedo beba água limpa (Qui arrive tôt boit de l’eau propre) est une recherche vidéo et performative qui propose de réfléchir en parallèle à la construction de l’hygiène et de la propreté ainsi qu’aux processus d’hygiénisation, tant des corps, des subjectivités, des désirs, que des espaces publics en créant des liens avec la présence et le passé colonial de la Suisse au Brésil, en particulier dans la Ville et l’Etat de São Paulo. La vidéo souhaite interroger les relations entre les processus violents de blanchiment de la population brésilienne et le système impérialiste et colonial de «propreté» et de “neutralité” suisse.

Quem chega cedo beba água limpa, Vidéo, son, env. 30 minutes, 2019-2020

Qui nettoie le monde?, Publication, env. 35 pages, 2020

COLONI HELVETIA – RUTH NOEMI BENDEL

installation vidéo

Étudiante en sciences humaines à l’Université de Neuchâtel puis actuellement en Master en journalisme à l’Université Libre de Bruxelles, ce n’est qu’en 2014 que Ruth Noemi Bendel connaît un éveil féministe. Elle en connaîtra deux, puisqu’en 2016, elle tombe sur la communauté du cheveu afro. Là, elle prend conscience que les femmes afro-descendantes, du fait d’être afro-descendantes sont sujettes à des discriminations spécifiques et l’intersection de ces oppressions ne peut être considérée individuellement. Elle commence ainsi à militer sur les réseaux sociaux, puis en 2017, elle co-fonde La Quatrième Vague, un club de lecture et de discussion féministe intersectionnel qui organise des rencontres un mercredi par mois à Lausanne. Après les événements Black Lives Matter en avril 2020 qui résonnent mondialement, elle décide de lancer sur son Instagram (@ruthnoemib) une série qui scrute le passé colonial et esclavagiste de la Suisse, une histoire passé sous silence. Elle lance également dans la même période une chaine YouTube (Ruth Noemi Bendel) autour des questions des impacts néfastes de l’industrie textile, et particulièrement de la fast-fashion et ainsi allie l’intersectionnalité des luttes (racisme, sexisme, écologie) dans une seule thématique qui la passionne : la mode.

COLONI HELVETIA

Coloni Helvetia veut dire La Suisse Coloniale en latin. C’est l’allusion à ce passé national que l’on tente de faire disparaître pour n’en faire qu’un souvenir lointain. Comme une langue morte, un pan de l’histoire nationale suisse n’est que vestige enfoui, ce sont des vestiges dont nous n’étions pas censé.e.x connaître l’existence.

Dans Coloni Helvetia, Ruth Noemi Bendel présente différentes personnalités du paysage suisse qui ont de près ou de loin contribué aux activités coloniales et esclavagistes et qui ont permis le succès du racisme scientifique.

Henri Dunant (1828-1910), fondateur de la Croix-Rouge et co-fondateur du CICR, Gustave Moynier(1826-1910), co-fondateur du CICR et Carl Vogt (1817-1895), naturaliste et théoricien sont abordés sous un autre angle : des hommes blancs et bourgeois, qui ont usé de leur « philanthropisme » pour devenir colons sur le continent africain ou poser des théories infondées (l’anthropomorphisme) sur “l’évidente” supériorité de la race blanche. Ainsi on découvre que blanchité, capitalisme, classes sociales et colonialisme réunis n’ont jamais autant fait bon ménage. Coloni Helvetia revisite un passé inerte censé enfouir une honte encore bien saillante, surtout par les temps qui courent.

 

L’AUBERGE DES COLLINES – Céline Burnand – transcription d’interview

L’Auberge des collines est un lieu où vivent certain.e.s des étudiant.e.s de l’école d’art de Sierre. Céline Burnand y a rencontré des ami.e.s égyptien.ne.s pour évoquer leurs expériences en Suisse et leur rapport à leur pratique artistique dans ce contexte, en écho à sa propre présence en Egypte depuis trois ans.

Céline Burnand a étudié les arts visuels à la Haute Ecole d’Art et de Design (HEAD) à Genève, puis l’histoire de l’art, la littérature et l’histoire du cinéma à Lausanne. Elle obtient son master en anthropologie visuelle à la FU à Berlin en 2017 et déménage au Caire pour travailler sur deux projets de films, l’un avec une communautés soufie, l’autre sur les archives familiales d’un sanatorium pour tuberculeux fondé dans les années 30 à Helwan. Elle est également chercheuse associée à l’Institut des humanités en médecine de Lausanne. Son travail est composé de dessins, films, photographies, textes et performances. Depuis plusieurs années, elle s’interesse au potentiel de guérison et de restauration de la relation à l’autre, notamment à travers des pratiques collaboratives.

Au coeur de la bête 

conférence de Matthieu Jaccard – le 11 octobre à 17h (30mn)

Matthieu Jaccard est architecte et historien de l’art indépendant. Commissaire d’exposition, conférencier, guide, il développe ses projets en Suisse romande, allemande et France. Son activité s’attache notamment à la mise en perspective, sous des formes diverses, de la production architecturale et artistique au regard d’enjeux sociaux, politiques et économiques.

 

Au coeur de la bête

Matthieu Jaccard propose de montrer comment architecture et toponymie de la région entre Genève et Lausanne, là où se tient l’exposition Swiss neutral, témoignent de la relation entre la Suisse et les pires crimes contre l’humanité. Colonialisme, esclavage, génocide, dans chacun de ces domaines le pays entretient des liens étroits avec ses promoteurs influents, ses exécutants zélés, ses bénéficiaires sans scrupules.

 

Une Suisse qui aide et qui tue : le scandale Bührle – conférence de Stéphanie Ginalski – Le 11 octobre à 17h30 (30 mn)

Stéphanie Ginalski est historienne et sociologue à l’Institut d’études politiques de l’Université de Lausanne, où elle a co-fondé l’Observatoire des élites suisses (Obelis). Ses principaux intérêts de recherche portent sur l’histoire du capitalisme et des élites économiques suisses, avec pour problématique centrale la question des processus de production et de reproduction des inégalités sociales et économiques. Elle co-dirige actuellement un projet de recherche sur les sociétés d’art suisses comme lieu de sociabilité et de cohésion de classe des élites.

Une Suisse qui aide et qui tue : le scandale Bührle

En 1968 éclate le « scandale Bührle ». En pleine guerre du Biafra, une région du Nigéria qui fait sécession en 1967, le CICR est engagé, avec le soutien financier de la Confédération, dans une action d’aide humanitaire d’envergure, contre la volonté du gouvernement nigérian. De son côté, l’entreprise suisse Oerlikon-Bührle exporte des canons anti-aériens au Nigeria, en dépit de l’embargo. L’armée nigériane tire à plusieurs reprises sur les avions du CICR, faisant apparaître au grand jour les contradictions d’une Suisse qui aide et qui tue.

L’intervention de Stéphanie Ginalski, historienne, dénouera les nombreux fils enchevêtrés de l’histoire Bührle et permettra d’interroger aussi bien les liens entre art, politique et industrie, que les limites de la neutralité suisse, ou encore les enjeux de l’accès aux archives.

 

 

 

Lexique à l’attention du public du BDQI

Dans le cadre des événements qui ont lieu pendant le Bureau des Questions Importantes (BDQI), plusieurs des intervenant.e.x.s accordent une importance spécifique aux termes qui sont employés pour décrire leurs pratiques artistiques et/ou militantes. Au BDQI, nous partons du principe que chacun.e.x se définit comme iels le souhaitent. Pour éviter un malentendu, nous mettons à disposition un petit lexique en référence à certains termes et concepts utilisés dans le programme. 

Afrodescendant : Une personne née hors d’Afrique, mais ayant des ancêtres nés en Afrique subsaharienne en nombre suffisamment important pour que cela ait une incidence sur l’apparence ou la culture de cette personne.

Afroféminisme L’afroféminisme est un mouvement militant apparu pendant la période d’émancipation féministe des années 1970, dans la mouvance du Black Feminism (féminisme noir) aux États-Unis. C’est un projet geo-politique incarné par les afro-descendante·x·s (d’Afrique, d’Europe et des États-unis) qui s’incrit dans les lutte anti-coloniales, anti-patriarchal, anti-racistes et anti-misognoir. Il lutte pour la libération des systèmes d’oppressions et la justice transformative se consacrant à combattre des régimes de dominations multiples et simultanées qui porte à la fois sur les discriminations de genre, de race, de classe etc. Il se situe donc dans le champ critique intersectionnelle de l’heteropatriarcat, l’impérialisme, et du capitalisme racial.

Cisgenre (“cis”) : une personne qui se reconnaît dans l’identité de genre qui lui a été assignée à la naissance.

Décolonial : On entend par décoloniale une école de pensée qui postule que, malgré l’obtention de l’indépendance, des rapports de pouvoirs subsistent aujourd’hui encore entre les anciennes métropoles et les anciennes colonies. 

Dyadique : désigne les personnes qui ne sont pas intersexes. Par exemple un homme cisgenre dyadique est un homme qui a été assigné homme à la naissance, qui se reconnaît toujours comme tel aujourd’hui et qui n’est pas intersexe 

Intersectionnalité : Outil qui permet d’appréhender l’interaction simultanée de plusieurs formes de domination ou de discrimination qui constituent un système d’oppression.

Mestizas : Le terme vient de la colonisation de l’Amérique et désigne une femme née en Amérique latine avec des origines diverses, plus précisément le métissage entre les pays européens colonisateurs et les peuples indigènes amérindiens.

Mixité choisie : La mixité choisie est une forme d’organisation et de solidarité qui permet de se retrouver entre pair·e·x·s et entre personnes concernées par une ou des mêmes oppressions. Cela permet de pouvoir échanger, discuter, réfléchir et de décompresser à propos de certaines choses sans devoir incessamment expliquer ou argumenter sur tel ou tel comportement ou idée politique face à une personne non concernée par une oppression.

Non-binarité : Façon de parler du genre sans se cantonner aux genres binaires femme/homme. Concerne aussi une identité de genre à part entière.

Privilège blanc : une combinaison de normes et d’opinions souvent en faveur du groupe privilégié. Les membres du groupe privilégié peuvent s’appuyer sur leur privilège et n’ont pas besoin de s’opposer à l’oppression. Ces normes sociales renforcent en permanence la distance entre les groupes sociaux.

Queer : Queer est à l’origine un mot anglais qui signifie “bizarre”, “de travers”. A partir de la fin du XIXe siècle, il devient une insulte populaire désignant les personnes homosexuel.le.s. Des activistes se réapproprient le terme au début des années 1990 pour affirmer des sexualités et des genres subversifs. Ce terme, à forte dimension antisexiste et antiraciste, regroupe désormais les personnes qui n’adhèrent pas à la vision binaire des genres et des sexualités (Binarité Homme/Femme ou Hétéro-sexuel·x·le·s – Homosexuel·x·le·s) et ne veulent pas être catégorisées selon les normes imposées par la société. 

Trans-inclusif : Indique l’inclusion de perspectives des personnes trans ou de réflexions théoriques autour/à partir de la transidentité dans les ateliers/réunions/réflexions proposées afin de mettre en échec/récuser/refuser le système cis autoritaire et hégémonique.

BDQI – la liste des artiste.x.s et intervenant.e.x.s

Le projet du Bureau des Questions Importantes prend vie telle une utopie et convie cette nuée d’intervenant·x·e·s formidables à une mise en commun de leurs forces complémentaires. Cette proposition de travail d’équipe à géométrie variable se fait dans un esprit d’invitation spontanée et tend à offrir un espace de liberté, de confiance et de bienveillance à chacun·x·e. Il s’agit d’un terrain d’exploration, où l’on peut faire des tentatives et se tromper, qui est à saisir afin d’exercer avec joie les jeux de la collaboration, qualité centrale dans les pratiques de toutxs.

artistes et intervenant.e.x.s

Valentina D’Avenia (tarot)

Carola Opazo et Louise Mestrallet (résidence)

Jonas Van (performance BBQ)

Emmathegreat & Moustik (concert)

Frida Stroom (concert)

LES LOGES DU RATAGE (concert)

FHUN (concert)

Izabel Barros, Marianne Naeff & Timo Rigetti (conférence et atelier)

Cecilia Moya Rivera & Valeska Romero (atelier et présentation)

Fatima Wegmann (atelier et performance)

TROUBLES VOIX (série de projections de films)

Amelia Nanni (résidence et projections de films)

New Soma (performance de 24h)

Nina Nana (contes et goûter)

Madame Klebo (lecture pour enfants)

Myriam Ziehli (atelier et soirée de lectures)

Yara Atz (projection de films)

Mbaye Diop (projection de film)

Collectif Afrofeministe Amani de Nyon (atelier)

Amifusion (performance)


Au BDQI, le plus grand soin sera mis pour ne faire prendre de risque sanitaire à personne. Du désinfectant et des masques seront à disposition sur place. Les coordonnées de chaque personne devront être relevées et celles-ci resteront uniquement entre les mains de l’organisation durant 14 jours afin de pouvoir vous contacter en cas de suspicion de COVID. Merci de bien prendre soin d’observer les précautions nécessaires en cas de doutes de symptômes ou si vous avez côtoyé des personnes contaminées.


Avec le soutien de Ville de Nyon, Région de Nyon,  du Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes du Canton de Vaud, la Fondation Emilie Gourd, la Fondation Oertli, et la Fondation Equileo.

ZOMBIE-TRANSFORMATION Laboratoire n° 3

Soirée de clôture

19 septembre dès 19h

ouvert à toutxs, entrée prix libre

  • première partie ZOMBIE-TRANSFORMATION Laboratoire n° 3  

Amifusion est un collectif de danse composé de Ulrike Kiessling, Sahadatou Ami Touré et Anita Maïmouna Neuhaus. Les membres du collectif ayant des privilèges différents, les frontières entre elles doivent être franchies virtuellement. Le laboratoire n° 3 étudie comment une cyborg peut libérer une archiviste néolibérale de son existence de zombie dans un capitalisme avancé. Des situations gagnant-gagnant-gagnant sont établies.

  • deuxième partie SUPER BASTRINGUE: 

La fête de fin avec un dj set surprise!


Dans ce projet, la zombification signifie des zombies qui courent partout et n’ont ni le temps ni les ressources pour vivre. Le corps est atrophié et a internalisé des mouvements qui ne peuvent être coordonnés. Les mouvements sont incontrôlés, boiteux, tortueux, inconscients, non intentionnels, non chorégraphiables. Les seules chorégraphies possibles sont des séquences physiques et des postures intériorisées par le travail. Épaules hautes, tête basse, double menton, rire trop strident et téléphone portable scotché. L’objectif de ces laboratoires est d’avoir libéré les corps de leur état de zombie après 12 expérimentations. Un autre objectif est de collecter des fonds pour libérer Ami Touré d’un manque de privilèges dont elle n’est pas responsable.

Amifusion est un collectif de danse dont les membres ont des privilèges différents, raison pour laquelle les frontières doivent être franchies virtuellement. Le laboratoire n° 3 étudie comment un cyborg peut libérer une archiviste néolibérale de son existence de zombie dans un capitalisme avancé. Des situations gagnant-gagnant- gagnant sont établies.

Amifusion est un projet de danse qui a débuté par une rencontre fortuite dans une école de danse au Sénégal. Le laboratoire des zombies se compose de 12 expérimentations. Sahadatou Ami Touré, qui vit au Bénin, ne jouit d’aucune liberté de mouvement, contrairement à Anita ou Maï Neuhaus, qui possède les citoyennetés suisse et malienne, ou Ulrike Kiessling, qui voyage à travers l’histoire du monde avec des privilèges (est- )allemands/européens. Pour rendre les expérimentations possibles, les frontières sont donc dans la mesure du possible déplacées ou dépassées. Les expérimentations sont réalisées par Amifusion. Le corps est une archive. On peut l’utiliser pour apprendre de nombreuses choses sur la société. En 2018, à l’école de danse École des Sables au Sénégal, Ulrike Kiessling a pu pour la première fois réfléchir en profondeur à la manière dont son corps est influencé par le travail monotone à l’écran et le visionnage boulimique. La distance sociale, surtout en Suisse, n’est pas un phénomène nouveau ; l’isolement social et la dépression font depuis longtemps partie de la vie quotidienne. À notre époque virologique, la distance est désormais simplement matérialisée par des marquages au sol.

 

Collectif afroféministe Amani de Nyon

Séance du collectif afroféministe Amani de Nyon

19 septembre de 10h à 17h avec pause

sur inscription*, en mixité choisie, personnes afrodescendant·x·e·s sans hommes cis dyadique

Cette séance aura comme objectif, aussi bien pour le groupe qu’à titre personnel, l’empouvoirement et l’auto-détermination. Une personne expérimentée·x, concernée·x par les questions de racisme et de discriminations accompagnera les participant·x·e·s dans ce processus et posera ainsi une multiplicité de points de vue. (*inscription par mail à le-bdqi@riseup.net)

Avec le collectif Amani et Patricia Brülhart


Cette séance aura comme objectif, aussi bien pour le groupe qu’à titre personnel, l’empouvoirement et l’expression de soi.

Une personne experimentée·x, concernée·x par les questions de racisme et de discriminations accompagnera les partcipant·x·e·s dans ce processus et posera ainsi une multiplicité de points de vue.

 

Le collectif afroféministe Amani de Nyon s’inscrit dans la lutte contre le racisme et le sexisme que subissent les personnes noires, afrodescendantes et se reconnaissant du genre féminin en Suisse. A l’aide d’une approche intersectionnelle, il souhaite lutter pour l’éliminations des discriminations de race, genre, classe, sexualité ou de religion et proposer des outils pédagogiques aux futures générations leur permettant de valoriser l’Histoire Noire et Africaine. Le collectif se réunit régulièrement en non-mixité et a proposé durant l’année 2019 des discussions autour de projections de films, de lectures ou de repas. Il a notamment été invité par la Quatrième Vague (club de lecture féministe lausannois) et Les Nouveaux Musées de Bienne pour des discussions autour de l’afro- féminisme militant.

Mbaye Diop, Colobane

Colobane

16 septembre à 19h30

ouvert à toutxs, entrée prix libre

Projection de l’animation documentaire de Mbaye Diop qui relate la vie du marché dans l’ambiance chaotique du cœur de Dakar suivi d’une discussion avec l’artiste. 

Avec Mbaye Diop


« Colobane » est un film de l’artiste plasticien Sénégalais Mbaye Diop. Une animation documentaire qui relate la vie du marché dans une ambiance chaotique au cœur de Dakar. Il met en scène un lieu d’échange et de commerce assez particulier et dynamique. Les agissements des commerçants, la musique, les bruits des voitures et motos donnent une ambiance exceptionnelle. Ancien pensionnaire de ce marché l’artiste partage son histoire mouvante par des images filmées et traitées en noir et blanc. Ce film a été  réalisé pendant la période du Covid 19 dans l’espace eeeeh. 

 

Né le 14 septembre 1981 à Richard-Toll, Mbaye Diop est un artiste visuel, performeur d’origine sénégalaise. Après ses études à l’école des arts de Dakar (2006-2010), il enseigne les arts plastiques au collège et au lycée de 2010 jusqu’en 2019 tout en poursuivant sa pratique artistique. Sept ans après ses études, l’artiste commence à présenter son travail de manière plus visible par une série d’exposition à Saint-Louis (galerie Waaw, Institut Français…), à Dakar (centre culturel Blaise Senghor…) puis en Europe plus précisément en Suisse (à Genève à la galerie Skopia, à Nyon et à la Becque à la Tour-de-Peilz…). Le travail de Mbaye Diop repose essentiellement sur un rendu en noir et blanc issu des images de son quotidien sénégalais. Il réalise des grandes peintures murales, utilise la sérigraphie comme moyen d’expression artistique sur des supports variés (carton, bois, mur…), mais aussi la vidéo et la performance.

Yara Atz

Projection de films

14 septembre à 19h30

ouvert à toutxs, entrée prix libre

Sous différents angles, quatre objets filmiques (Quitter la Syrie : longue vie à la jeunesse, La guerre en elle, Ici, les avions (ou comment je vis la guerre) et une vidéo surprise) abordent des questions politiques et intimes liées à la Syrie, à l’identité, à la jeunesse et au trauma.

Avec Yara Atz


1 : Quitter la Syrie : longue vie à la jeunesse

2: La guerre en elle

3 : vidéo surprise

4 : Ici, les avions (ou comment je vis la guerre)


Mon travail de ces dernières années a beaucoup été centré autour de la guerre et de ses impacts ; ces quatre objets abordent ces questions sous différents angles . Le premier, documentaire, à travers le périple de jeunes musiciens qui, ensemble, quittent la Syrie, tentent d’en rire et d’en faire une aventure ; le deuxième, film de fiction, à travers le trauma et l’incapacité de faire la part des choses d’une jeune femme récemment venue de Syrie, sa loyauté, sa place dans le monde ; le troisième objet, surprise, plus politique ; le quatrième à travers une dissociation presque schizophrénique lorsque la guerre affecte mais qu’elle est invisible. Des questions qui me taraudent de par mes origines syriennes, avec l’espoir que ces travaux ouvriront des questionnements quant à notre humanité et notre co-responsabilité dans le monde.

 

Yara est une réalisatrice, comédienne et artiste suisso-syrienne principalement basée à Londres. Elle a étudié à la HEAD à Genève et au GFCA à Londres et est actuellement représentée par Byron’s Management comme comédienne. Son travail est souvent politisé, engagé et coloré : vivant, en mouvement, même si parfois sombre dans les sujets abordés. Elle aime toucher à différents formats et médias, tout en se posant beaucoup de questions à propos des représentations à l’image, celle des femmes, celle des personnes et sujets non-occidentaux. Ses derniers films touchent à la Syrie et à l’impact de la guerre ; son documentaire «Leaving Syria : long live the youth» a eu sa première mondiale au festival de Telluride en 2017 et sa fiction «La guerre en elle» est actuellement distribuée par Lights On.